Mme Beth Bechdol, Directrice générale adjointe, met l’accent sur la restauration des parcours, la Grande muraille verte, ainsi que sur la nécessité d’accroître les investissements
Une ferme communautaire en Mauritanie.
©FAO/Luca Muzi
Oulan-Bator/Rome - La restauration des parcours et des paysages désertiques est essentielle à la sécurité alimentaire, aux moyens de subsistance et à la résilience des économies rurales, a affirmé lundi Beth Bechdol, Directrice générale adjointe de la FAO, lors de la 17e Conférence des Parties (COP17) à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CLD).
Environ 60 pour cent des 1,66 milliard d’hectares de terres dégradées par une utilisation et une gestion non durables sont des terres agricoles, notamment des terres cultivées et des pâturages. Selon la FAO, inverser ne serait-ce que 10 pour cent de cette dégradation permettrait de nourrir 154 millions de personnes chaque année.
Cette manifestation, qui s’étend sur deux semaines, vise à mobiliser l’action politique et les investissements afin de restaurer les terres dégradées et parvenir à une gestion durable des terres, des sols et de l’eau, tout en répondant à la demande croissante en aliments destinés aux humains, en alimentation animale et en fibres.
Dans un discours liminaire prononcé lors du lancement de l’initiative phare sur les parcours, qui vise à accroître considérablement les investissements pour parvenir à la neutralité en matière de dégradation des terres, Mme Bechdol a déclaré: «La restauration ne saurait se résumer à reverdir les terres dégradées. Ce qui y pousse est essentiel. La diversité et la qualité des graminées, des plantes fourragères et des autres espèces végétales revêtent une importance déterminante pour l’élevage, pour la biodiversité, mais aussi pour la productivité et la santé à long terme de ces écosystèmes.»
Elle a également souligné l’importance de reconnaître les éleveurs pastoraux comme des partenaires, des dirigeants et des décideurs dans la gestion durable et la restauration des parcours.
La FAO se félicite des trois piliers de cette initiative: un programme commun de partage des connaissances, une plateforme d’investissement visant à mobiliser des financements publics et privés, et une coalition pour les parcours et les éleveurs pastoraux visant à rassembler les principales parties prenantes autour d’une vision commune.
La FAO a piloté l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux (2026), qui a bénéficié d’une grande visibilité et suscité un élan considérable. Il est désormais temps de veiller à ce que cet élan perdure et débouche sur des investissements et des partenariats qui produisent des résultats concrets pour les écosystèmes des parcours et les communautés pastorales, a conclu Mme Bechdol.
Des informations complémentaires sur les activités de la FAO à la COP17 sont disponibles ici.
La Grande muraille verte
Plus tôt dans la journée de lundi, Mme Bechdol a participé à une manifestation parallèle de haut niveau consacrée à la restauration des paysages africains, notamment par l’élargissement de l’initiative Grande muraille verte dans la région du Sahel, que la FAO soutient par le biais de mesures concrètes sur le terrain depuis 2007.
La Directrice générale adjointe a souligné le rôle de chef de file joué par la FAO dans le cadre d’Open D.E.A.L.: Données en accès libre sur l’environnement, l’agriculture et les terres, la première évaluation biophysique de référence à l’échelle continentale de l’utilisation des terres en Afrique. Cette évaluation a porté sur plus de 300 000 points d’échantillonnage grâce à l’imagerie satellitaire à haute-résolution, permettant d’identifier 162 millions d’hectares de terres dégradées dans la zone de la Grande muraille verte du Sahel qui nécessitent une restauration.
La FAO collabore avec des partenaires, notamment l’Agence panafricaine de la Grande muraille verte, afin de mettre au point un système intégré de suivi et d’établissement de rapports utilisant des technologies de pointe pour suivre les progrès et les résultats, avec des informations accessibles à tous.
En fin de compte, la mise en œuvre dépend des financements, mais d’importants travaux techniques de réduction des risques peuvent être entrepris avant même que les décisions de financement ne soient prises, a indiqué Mme Bechdol. Le rôle de la FAO, a‑t-elle ajouté, «est de contribuer à créer les conditions qui favorisent l’afflux de capitaux, et qui augmentent les chances de réussite une fois que ceux-ci sont mobilisés».
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