La FAO appelle à renforcer la prévention et l’action mondiale alors que les maladies animales transfrontières gagnent du terrain dans les différentes régions du monde

La grippe aviaire, la peste porcine africaine, la fièvre aphteuse et la lucilie bouchère figurent parmi les maladies animales qui font peser des risques croissants sur la sécurité alimentaire, les échanges commerciaux et les moyens de subsistance

Bétail en Italie.

©FAO/Alessandro Penso

11/06/2026

Rome – Les pays du monde entier sont confrontés à une menace croissante liée aux maladies animales transfrontières, notamment la lucilie bouchère, la peste porcine africaine, la grippe aviaire, la fièvre aphteuse et la peste des petits ruminants, ainsi qu’à d’autres zoonoses nouvelles telles que l’hantavirus des Andes, le virus Ebola et le virus Nipah. À mesure que les maladies et les ravageurs franchissent plus rapidement les frontières, les pays subissent des pressions croissantes les poussant à renforcer leurs dispositifs de prévention, de préparation et d’intervention.  
 
L’enjeu est de taille. Le secteur de l’élevage fait vivre plus d’un milliard de personnes et génère chaque année une valeur économique se chiffrant en milliers de milliards d’USD. La protection de la santé animale est donc essentielle non seulement pour les agriculteurs et les éleveurs, mais aussi pour la sécurité alimentaire, les échanges commerciaux, la stabilité économique et la prospérité des zones rurales. 
 
Les facteurs qui favorisent la propagation des maladies deviennent plus complexes. L’intensification des mouvements d’animaux, de personnes et de marchandises, l’évolution des systèmes de production, les pressions exercées sur l’environnement ainsi que les disparités en matière de capacités vétérinaires et de surveillance créent de nouvelles possibilités de propagation des maladies et des organismes nuisibles entre les régions. Pour faire face à ces menaces, il est indispensable de renforcer la surveillance, d’améliorer la détection précoce, d’intensifier le partage d’informations et de resserrer la coopération internationale.  
 
«Les conséquences de ces flambées dépassent largement le seul cadre de la santé animale. Elles perturbent la production agricole, les échanges commerciaux et le tourisme, menacent les moyens de subsistance, accentuent les risques pour la sécurité alimentaire et, dans certains cas, présentent des risques directs pour la santé humaine», a déclaré M. Thanawat Tiensin, Sous-Directeur général, Directeur de la Division de la production et de la santé animales et Vétérinaire en chef de la FAO.  
 
Les maladies animales transfrontières entraînent des pertes économiques considérables. La grippe aviaire a déjà provoqué la perte de plus de 633 millions de volailles et menace un marché évalué à 48 milliards d’USD, la fièvre aphteuse est à l’origine de pertes annuelles estimées à 11,3 milliards d’USD, et la peste porcine africaine a entraîné une diminution de plus de 40 pour cent du cheptel porcin dans certaines régions d’Asie. Ces chiffres soulignent l’importance de renforcer les systèmes de surveillance, d’accélérer la détection des foyers et de promouvoir une action coordonnée à l’échelle internationale.  
 
Les évolutions récentes témoignent de l’urgence de la situation. La lucilie bouchère est réapparue aux États-Unis d’Amérique après plusieurs décennies durant lesquelles elle avait été maintenue sous contrôle, à la suite de sa progression vers le nord à travers l’Amérique centrale et le Mexique. Dans le même temps, l’apparition et la propagation à l’échelle internationale de la fièvre aphteuse de sérotype SAT1 en dehors des régions d’Afrique où elle était jusqu’alors circonscrite suscitent des préoccupations dans certaines régions d’Asie et du Moyen-Orient et ailleurs dans le monde. Ces évolutions attestent la rapidité avec laquelle les menaces pesant sur la santé animale peuvent franchir les frontières et faire peser des risques considérables sur la production alimentaire, les échanges commerciaux et les moyens de subsistance. 
 
La prévention et la préparation demeurent les moyens les plus efficaces et les moins coûteux de réduire les conséquences des flambées de maladies animales. Lorsque l’ampleur d’une crise dépasse les capacités nationales, la FAO intervient en tant que prestataire de dernier recours, en mettant rapidement à disposition ses compétences spécialisées, en coordonnant les interventions et en mobilisant des ressources pour poursuivre l’action lorsque les systèmes nationaux sont débordés ou que d’autres acteurs ne sont pas en mesure d’intervenir. 
 
«L’expérience montre systématiquement que la prévention et la préparation sont plus efficaces – et moins coûteuses – qu’une intervention engagée une fois la flambée installée», a déclaré Mme Beth Bechdol, Directrice générale adjointe de la FAO. «Investir dans les systèmes de santé animale est l’un des moyens les plus efficaces de protéger les moyens de subsistance, de soutenir les échanges commerciaux, de renforcer la sécurité alimentaire et d’accroître la résilience des systèmes agroalimentaires.»  
 
Forte de plus de 80 années d’expérience et s’appuyant sur des mécanismes tels que le Système de prévention des crises pour la santé animale, le Centre d’urgence pour la lutte contre les maladies animales transfrontières et le Centre de gestion des urgences de santé animale, la FAO travaille avec ses membres et ses partenaires afin de renforcer les capacités mondiales de prévention, de préparation et d’intervention face aux maladies animales transfrontières. 
 
Dans ce cadre, la FAO collabore avec ses membres à l’élaboration du Programme de partenariat mondial sur les maladies animales transfrontières, une initiative de long terme pilotée par les pays et axée sur la prévention, l’alerte précoce, la préparation, l’action anticipatoire et les interventions rapides. L’objectif est d’aider les pays à détecter et à endiguer les flambées plus tôt, à limiter les perturbations de la production alimentaire et des échanges commerciaux et à réduire autant que possible le besoin d’interventions d’urgence onéreuses. 
 
Ce programme est conçu comme une initiative collaborative associant de multiples partenaires, notamment l’Organisation mondiale de la santé animale, et vise principalement à renforcer les capacités nationales, à promouvoir des méthodes de financement durables et à mieux articuler les investissements consentis au niveau des pays avec les appuis régionaux et mondiaux. Faisant fond sur plusieurs décennies d’expérience, cette initiative a pour ambition de consolider les efforts internationaux déjà engagés et d’aider les pays à passer d’une approche essentiellement réactive à des systèmes plus durables de prévention et de préparation. 

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