La FAO appelle à investir d’urgence pour protéger la production alimentaire alors que les crises s’aggravent au Proche-Orient et en Afrique du Nord

Plus de 45 millions de personnes font face à une famine grave à Gaza, au Liban, au Soudan, en Syrie et au Yémen

©FAO/ Ralph Azar

Mme Beth Bechdol, Directrice générale adjointe de la FAO (3e à gauche), M. AbdulHakim Elwaer, Directeur général adjoint et Représentant régional pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord (4e à gauche), M. Rein Paulsen, Directeur des opérations d’urgence (à gauche) et Mme Veronica Quattrola, Représentante de la FAO au Liban (2e à gauche) se tiennent à côté d’un parc solaire lors d’une visite effectuée sur le terrain pour rencontrer un groupe d’agriculteurs qui utilisent une pompe d’irrigation innovante, alimentée à l’énergie solaire et mise en commun, pour irriguer leurs serres.

©FAO/ Ralph Azar

07/10/2026

Amman/Beyrouth/Riyad/Rome – Alors que les conflits, les déplacements de population et les pressions climatiques continuent d’entraîner des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë au Proche-Orient et en Afrique du Nord, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) appelle à financer d’urgence une aide agricole qui doit aider les familles à continuer de produire de la nourriture et de gagner leur vie. 

Les conflits et les chocs économiques sapent la capacité de la région à produire des aliments, tandis que les déficits de financement limitent l’aide destinée à protéger cette production et les moyens de subsistance. 

Mme Beth Bechdol, Directrice générale adjointe de la FAO, M. AbdulHakim Elwaer, Directeur général adjoint et Représentant régional pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, ainsi que M. Rein Paulsen, Directeur du Bureau des urgences et de la résilience de la FAO, ont rencontré des représentants des gouvernements, des donateurs et des partenaires pour faire valoir la mesure dans laquelle l’agriculture peut, de manière déterminante, empêcher que l’insécurité alimentaire ne s’aggrave, protéger les moyens de subsistance et aider au relèvement. 

Dans ces pays, plus de 45 millions de personnes font face à une crise alimentaire grave, voire catastrophique, alors que les conflits et les chocs économiques font dérailler la production alimentaire, détruisent les infrastructures agricoles et perturbent les marchés. 

«Des chocs répétés privent les familles de leur capacité à produire de la nourriture et à gagner leur vie, alors même que les ressources humanitaires sont de plus en plus limitées», a déclaré Mme Bechdol. «Nous devons agir avant que ces pertes ne deviennent irréversibles. En investissant rapidement dans les semences, le bétail, l’eau et d’autres formes de soutien agricole, nous pouvons protéger les moyens de subsistance, empêcher que la faim ne s’aggrave et réduire les besoins humanitaires à long terme». 

Les déficits de financement aggravent la faim 

À Gaza et en Cisjordanie, plus de 1,2 million de personnes ont été confrontées à une insécurité alimentaire aiguë ou catastrophique entre avril et juin 2026, et l’on prévoit que la situation s’aggravera pendant le second semestre de l’année. La FAO recherche 140,9 millions d’USD en 2027 pour mettre en œuvre une aide agricole et un relèvement urgents. 

Au Liban, on estime à 1,24 million le nombre de personnes qui ont été confrontées à une insécurité alimentaire aiguë ou catastrophique entre avril et août 2026. La FAO a besoin de 38 millions d’USD pour venir en aide à 35 000 agriculteurs et ménages ruraux touchés par le conflit. 

Au Soudan, 19,5 millions de personnes sont confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë. Or, seuls 23 pour cent des 193 millions d’USD requis au titre du Plan d’intervention d’urgence 2026-2028 ont été financés. 

En Syrie, quelque 7,2 millions de personnes étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë à la fin de 2025. La FAO a besoin de 171,5 millions d’USD en 2027 pour aider 5,2 millions de personnes, alliant une protection immédiate des moyens de subsistance à des mesures de relèvement et de résilience. 

Au Yémen, selon la dernière analyse, 18,3 millions de personnes faisaient face à une insécurité alimentaire aiguë ou catastrophique. La FAO a obtenu moins de 1 pour cent des 87,9 millions d’USD requis au titre de son Plan d’urgence et de résilience 2027. 

L’agriculture protège l’alimentation et les moyens de subsistance dans les situations d’urgence 

En protégeant les capacités de production, on peut assurer l’accès à la nourriture et aux revenus, et aider les ménages à résister aux chocs futurs, réduisant leur dépendance à l’égard de l’aide humanitaire. 

L’aide agricole d’urgence, qui comprend des semences, des aliments pour le bétail, des services vétérinaires, des aides en espèces et des bons d’achat, un soutien à l’irrigation et d’autres intrants, peut aider les familles à continuer de produire de la nourriture pendant les crises. 

À Gaza, par exemple, l’aide de la FAO a permis aux agriculteurs de reprendre leur production et aidé les ménages éleveurs à préserver leurs sources de nourriture et de revenu. Au Soudan, l’Organisation a aidé, en 2026, près de cinq millions de personnes en leur procurant des semences, des vaccins pour le bétail, des aliments pour animaux, des bons d’achat d’intrants agricoles et d’autres formes de soutien. 

«L’agriculture doit être au cœur de toute intervention d’urgence. Plus nous agissons tôt, plus nous pouvons protéger de vies et de moyens de subsistance», a déclaré M. Elwaer. «Lorsqu’un agriculteur reçoit des semences avant la saison des semis, ou qu’un éleveur reçoit des aliments pour animaux et un soutien vétérinaire avant de perdre ses animaux, nous protégeons la nourriture d’aujourd’hui et les moyens de la produire demain. Or, cela ne fonctionne que si les ressources arrivent à temps». 

Liban: le conflit pèse lourdement sur l’agriculture 

La visite de la délégation au Liban a mis en lumière l’impact qu’ont les conflits et les déplacements de population sur l’agriculture et les communautés rurales, ainsi que l’expérience que vivent les agriculteurs directement touchés par les hostilités. 

Plus d’un million de personnes ont été déplacées suite à l’escalade de mars 2026, principalement en provenance de zones rurales. Dans le sud du Liban, ont prévoit qu’entre 55 et 65 pour cent de la population des districts de Bent Jbeil, Marjaayoun, El Nabatieh et Sour fera face à une insécurité alimentaire aiguë ou catastrophique. 

Plus de 22 pour cent des terres agricoles du pays auraient été endommagées, tandis qu’environ 50 pour cent des terres agricoles du Sud et de Nabatieh sont inaccessibles. 

À Nabatieh, l’équipe de la FAO a évalué les dégâts causés par le conflit aux terres, aux infrastructures et aux services agricoles, puis débattu des priorités du relèvement avec les agriculteurs, les coopératives et le personnel du Ministère de l’agriculture. 

«Dans le sud du Liban, nous avons constaté les ravages qu’exerce le conflit sur l’agriculture, avec des terres agricoles, des systèmes d’irrigation et des infrastructures de production endommagés, ainsi que des agriculteurs qui ont perdu les moyens de produire et de gagner leur vie», a déclaré Mme Bechdol. «On ne peut attendre, pour relancer l’agriculture, que cesse la situation d’urgence. Protéger la production et les moyens de subsistance fait partie de la réponse actuelle; ce sera également essentiel au relèvement du Liban». 

Au-delà de la réponse immédiate, la FAO aide également le Liban à traduire sa nouvelle stratégie agricole nationale et son plan d’investissement décennaux en investissements et en actions concrètes, s’attachant à relancer la production, à améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau et à renforcer la compétitivité globale du secteur agricole. 

Financer l’agriculture avant que les pertes ne s’aggravent 

La délégation a œuvré avec les gouvernements, les donateurs et les partenaires pour mobiliser des ressources qui permettent de répondre aux besoins humanitaires immédiats tout en protégeant les systèmes de production indispensables au relèvement. 

La FAO appelle les donateurs et les partenaires à continuer de soutenir, voire à l’accroître, l’aide agricole d’urgence apportée dans toute la région pour que les communautés vulnérables d’agriculteurs, d’éleveurs et de pêcheurs soient rapidement aidées avant que les pertes ne deviennent irréversibles. 

Contacts

FAO Newsroom (+39) 06 570 53625 [email protected]

Irina Utkina FAO Actualités et Médias (Rome) +39657052542 [email protected]