De nouveaux rapports mettent en lumière le rôle que jouent les forêts dans la sécurité alimentaire et les activités mondiales de restauration
Le Comité des forêts, plus haute instance intergouvernementale mondiale de la FAO en matière de foresterie, favorise depuis 1971 la collaboration internationale, le dialogue sur les politiques et la production d’orientations techniques sur les questions liées aux forêts.
©FAO/Giuseppe Carotenuto
Rome – La 28e session du Comité des forêts de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’est ouverte lundi par un appel à agir plus fortement dans le monde pour faire face aux menaces croissantes qui pèsent sur les forêts, ainsi que par une pleine reconnaissance de la contribution essentielle que ces dernières apportent à la sécurité alimentaire, aux moyens de subsistance, à la résilience climatique et à la mise en place de systèmes agroalimentaires durables.
Accueillant des hauts responsables gouvernementaux, des experts forestiers et des partenaires internationaux, le Directeur général de la FAO, M. QU Dongyu, a souligné le rôle que joue le Comité des forêts en tant qu’organe intergouvernemental mondial de la FAO chargé des questions forestières, qui favorise depuis 1971 la collaboration internationale, le dialogue sur les politiques et la production d’orientations techniques sur les questions liées aux forêts.
«Alors que les forêts font face à de nombreuses menaces telles que la déforestation, les incendies, les ravageurs et une gestion non durable, le rôle du Comité des forêts est plus important que jamais», a déclaré M. Qu.
Plus de 5 milliards de personnes dépendent, dans une certaine mesure, des forêts pour leur subsistance, tandis que les forêts et les arbres contribuent grandement à la durabilité, à la productivité et à la résilience des systèmes agroalimentaires dans le monde. Dans certaines communautés qui dépendent de forêts, les aliments forestiers fournissent jusqu’à 80 pour cent de l’apport quotidien en protéines et représentent la moitié de la consommation alimentaire totale en poids.
Le Directeur général a souligné la nécessité de mieux intégrer les forêts dans les politiques de sécurité alimentaire et de développement, notant que nombre de leurs contributions sont insuffisamment prises en compte dans les statistiques et stratégies nationales.
Il a également souligné la nécessité de traiter les risques croissants d’incendies. Ces derniers touchent au moins 127 millions d’hectares de forêt chaque année et se multiplient et s’aggravent dans de nombreuses régions. Dans le cadre du Pôle mondial de gestion des incendies, la FAO œuvre avec ses membres et ses partenaires à renforcer la gestion intégrée des incendies et la coopération transfrontière.
Le rapport sur La Situation des forêts du monde 2026 met l’accent sur la restauration des forêts et des paysages
Pendant la séance d’ouverture, la FAO a présenté l’édition 2026 de La Situation des forêts du monde, qui met l’accent sur la restauration des forêts et des paysages en tant que réponse essentielle à l’insécurité alimentaire, au changement climatique, à la perte de biodiversité et à la dégradation des sols.
Selon le rapport, 1,56 milliard d’hectares de terres, dont 460 millions d’hectares de terres forestières, sont dégradés dans le monde. Dans le même temps, les efforts de restauration s’intensifient, 91 pays s’étant engagés à restaurer 190 millions d’hectares de forêts dégradées.
En sa qualité de coresponsable de la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes, la FAO soutient les initiatives de restauration menées dans le monde par une assistance technique, un appui aux politiques et des partenariats.
Le rapport note qu’atteindre les objectifs mondiaux de restauration d’ici à 2030 reste un défi de taille, mais que cela représente aussi un investissement stratégique qui pourra favoriser à long terme la mise en place de systèmes agroalimentaires durables, le développement rural et la résilience environnementale.
De nouvelles données établissent un lien direct entre les forêts, la sécurité alimentaire et la nutrition
L’ouverture du Comité des forêts a été suivie d’un dialogue de haut niveau intitulé «Forêts, alimentation et nutrition: subvenir aux besoins des populations et préserver la planète», dans le cadre duquel les participants ont examiné de nouvelles données démontrant les contributions essentielles que les forêts et les arbres apportent à la sécurité alimentaire et à la nutrition.
M. Qu a présenté un rapport mondial récent établi par la FAO et la Landscape Alliance, en collaboration avec des partenaires dans le cadre du Partenariat de collaboration sur les forêts, en indiquant qu’il fournissait les preuves les plus solides à ce jour de l’existence d’une relation entre les forêts, les systèmes agroalimentaires et la nutrition.
Le rapport Forests for food: Nourishing people, sustaining the planet (Des forêts pour l’alimentation: nourrir les populations, préserver la planète) montre que les forêts contribuent directement à l’alimentation et aux moyens de subsistance à travers plus de 50 000 espèces sauvages utilisées à des fins alimentaires, énergétiques, médicales, matérielles et autres, dont au moins 10 000 espèces consommées comme aliments. Les aliments issus de la forêt aident à diversifier l’alimentation, fournissent des nutriments essentiels et constituent un filet de sécurité en cas de mauvaises récoltes, de chocs climatiques et de perturbations économiques.
Au-delà de l’apport alimentaire direct, les forêts et les arbres soutiennent la production agricole en protégeant les sols, en préservant les pollinisateurs, en assurant le cycle des nutriments, en fournissant du fourrage et de l’ombre, et en aidant à protéger les cultures et le bétail des conditions météorologiques extrêmes.
Le rapport souligne également que les forêts contribuent jusqu’à 20 pour cent des revenus des ménages dans de nombreuses zones rurales, mais que nombre de ces avantages restent largement invisibles sur les marchés, dans les systèmes de données et dans les politiques publiques.
Pour combler ces lacunes, le rapport suggère quatre priorités d’action collective: intégrer les forêts et les arbres dans les stratégies nationales relatives à la sécurité alimentaire et aux systèmes agroalimentaires; renforcer les données, la recherche et l’innovation; développer la gestion durable des forêts et les systèmes de production diversifiés; et promouvoir la sécurité foncière, une gouvernance inclusive et l’investissement responsable.
«Les forêts soutiennent les populations, les systèmes agroalimentaires et la planète», a déclaré M. Qu. «Notre responsabilité est de les gérer et de les restaurer de manière effective et durable de façon qu’elles puissent continuer à nourrir les générations actuelles et futures.»
Les forêts occupent une place centrale dans la mission de la FAO, qui est de transformer les systèmes agroalimentaires mondiaux et d’aider à atteindre les objectifs de développement durable au moyen des quatre améliorations, à savoir l’amélioration de la production, de la nutrition, de l’environnement et des conditions de vie, sans laisser personne de côté.
Le Comité des forêts et la 10e Semaine mondiale des forêts se tiennent du 28 septembre au 2 octobre 2026. Le programme de la Semaine comprend des débats et des manifestations consacrés à la bioéconomie forestière, à la gestion de la faune et de la flore sauvages, à l’agroforesterie, aux méthodes innovantes de surveillance des forêts et au rôle que jouent les forêts dans la mise en œuvre d’un développement urbain durable, notamment dans le cadre de l’initiative Villes vertes de la FAO.
La 28e session du Comité des forêts de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)La 28e session du Comité des forêts de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
La Situation des forêts du monde
Le rapport Forests for food: Nourishing people, sustaining the planet
Nicholas Rigillo FAO Actualités et Médias (Rome) [email protected]
FAO Newsroom (+39) 06 570 53625 [email protected]