L’indice FAO des prix des produits alimentaires fléchit légèrement sur fond d’évolution contrastée des prix des marchandises

Les nouvelles prévisions de début de campagne indiquent que la récolte de céréales au niveau mondial devrait de nouveau être abondante, alors que les risques associés à El Niño s’intensifient

Du riz sur un marché au Brésil

©FAO/Miguel Schincariol

03/07/2026

Rome – L’indice de référence de la FAO des prix mondiaux des produits alimentaires a légèrement fléchi en juin, car une baisse des cours des céréales, du sucre et des produits laitiers a compensé une hausse des cours des huiles végétales et de la viande, selon les nouvelles données publiées vendredi par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). 
 
L’indice FAO des prix des produits alimentaires, qui suit l’évolution mensuelle des prix internationaux d’un panier de produits alimentaires échangés dans le monde, s’est établi en moyenne à 130,3 points en juin 2026. Il recule de 0,3 pour cent par rapport à sa valeur de mai, mais reste supérieur de 2,2 pour cent à son niveau enregistré un an auparavant. 
 
«L’indice global de référence des prix internationaux des produits alimentaires a légèrement baissé en juin, mais les divers marchés des produits continuent de réagir différemment à des facteurs qui évoluent. Dans un environnement mondial de plus en plus incertain, la transparence des marchés, la communication d’informations en temps utile et la prévisibilité du commerce mondial restent essentiels pour faire progresser la sécurité alimentaire et renforcer la résilience des systèmes agroalimentaires», a déclaré M. Boubaker Ben-Belhassen, Directeur de la Division des marchés et du commerce de la FAO.  
 
L’indice FAO des prix des céréales a baissé de 3,5 pour cent par rapport à mai, en raison de la baisse des prix internationaux du maïs et du blé, mais il affichait encore une hausse de 2,7 pour cent par rapport à la même période l’année dernière. Les cours mondiaux du blé ont cédé de 4,4 pour cent, car l’avancée rapide des récoltes et les bonnes perspectives en matière d’offre dans la région de la mer Noire ont davantage pesé que les préoccupations quant aux perspectives de récolte en Australie et aux États-Unis d’Amérique. L’appréciation du dollar des États-Unis et l’assouplissement des marchés de l’énergie sur fond de baisse attendue des tensions autour du détroit d’Ormuz ont également tiré les prix vers le bas. Les prix mondiaux du maïs ont chuté de 6,2 pour cent, car on prévoit à une offre abondante dans les pays exportateurs d’Amérique du Sud et un affaiblissement de la demande d’éthanol. En revanche, l’indice FAO des prix de tous les types de riz a gagné 3,2 pour cent en juin, car la demande asiatique de riz Indica s’est renforcée, tandis que les préoccupations liées aux conditions météorologiques et les coûts élevés de production, de transport et de commercialisation ont fait monter les cours des riz non parfumés. 

L’indice FAO des prix des huiles végétales a, quant à lui, reculé de 3,8 pour cent par rapport à mai. Une hausse des cours de l’huile de palme et de colza, due à un accroissement de la demande de biocarburants, et la stabilité globale des prix de l’huile de tournesol ont plus que compensé une baisse des prix de l’huile de soja.  

L’indice FAO des prix de la viande a progressé de 0,5 pour cent et a atteint un nouveau record. Les prix internationaux de la viande de volaille ont augmenté, en partie en raison d’un resserrement temporaire des disponibilités intérieures dû à des ajustements de la production apportés pour corriger un excédent d’offre, tandis que les prix de la viande porcine et bovine ont baissé.  
 
L’indice FAO des prix des produits laitiers a reculé de 1,5 pour cent par rapport au mois précédent, sous l’effet de la baisse des prix du lait écrémé en poudre, du lait entier en poudre et du beurre, ainsi que d’une onzième baisse mensuelle consécutive des prix internationaux du fromage due au fait que les disponibilités exportables sont demeurées supérieures à la demande mondiale d’importations. 
 
L’indice FAO des prix du sucre a diminué de 5,7 pour cent par rapport à mai, en raison d’une baisse des prix intérieurs de l’éthanol au Brésil et d’une dépréciation du real brésilien. Le fait que l’on continue de s’inquiéter de l’impact potentiel d’El Niño sur la production de sucre en Inde et en Thaïlande a toutefois atténué la baisse globale des prix internationaux du sucre.  
 
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Les perspectives de récolte restent solides, mais El Niño crée de l’incertitude 
 
La FAO a également publié des prévisions actualisées pour les récoltes de 2026 dans son Bulletin sur l’offre et la demande de céréales, qui indique que la production devrait être la deuxième plus élevée de l’histoire, malgré un recul de 1,9 pour cent par rapport au niveau record de l’année dernière. 
 
On estime à présent que la production totale de céréales dans le monde devrait s’établir à 2 983 millions de tonnes. La production de céréales secondaires devrait atteindre un niveau proche de celui de l’année précédente, car de récentes estimations officielles de l’Argentine, du Brésil, de la Chine (continentale) et de la Zambie indiquent que les récoltes devraient être plus abondantes que prévu précédemment. La production mondiale de blé devrait diminuer de 4,3 pour cent et s’établir à 806,5 millions de tonnes, car des données officielles récentes de l’Australie indiquent qu’El Niño devrait faire baisser la production en dessous de la moyenne quinquennale. On estime à présent que la production mondiale de riz devrait baisser de 1,8 pour cent par rapport au record historique atteint en 2025‑2026. 

La FAO a abaissé à 2 961 millions de tonnes ses prévisions concernant l’utilisation mondiale de céréales en 2026‑2027, car on prévoit une diminution de l’utilisation mondiale de blé. Les prévisions de la FAO concernant les stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes en 2027 s’établissent à présent à 957,8 millions de tonnes et le rapport stocks/utilisation de céréales au niveau mondial devrait globalement rester inchangé en 2027 (32,0 pour cent). Les prévisions de la FAO concernant les échanges mondiaux de céréales en 2026‑2027, à savoir 507,6 millions de tonnes, n’ont que peu évolué.  
 
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Le Système d’information sur les marchés agricoles (AMIS), hébergé par la FAO, a également publié son Bulletin mensuel de suivi des marchés vendredi. Le rapport, qui qualifie les marchés agricoles de «globalement stables», précise que, si les risques liés à El Niño méritent d’être surveillés de près, les conditions de culture généralement favorables, l’abondance des disponibilités et l’avancée des récoltes continuent d’alimenter la confiance du marché. En outre, le rapport analyse les effets potentiels de la crise du détroit d’Ormuz sur les marchés agricoles. 

Quarante et un pays ont besoin d’une aide alimentaire externe en raison des conflits et des chocs météorologiques 

La FAO estime que 41 pays et territoires dans le monde, dont 31 en Afrique, ont besoin d’une aide alimentaire externe, dans un autre rapport publié aujourd’hui par son Système mondial d’information et d’alerte rapide sur l’alimentation et l’agriculture (SMIAR). 

Les conflits et l’insécurité demeurent les principaux facteurs à l’origine des niveaux les plus élevés d’insécurité alimentaire aiguë. En outre, les conditions météorologiques dues à El Niño, ainsi que les prix élevés des intrants, limitent les perspectives de production agricole en Afrique de l’Est et de l’Ouest. Par ailleurs, en Afrique du Nord et en Afrique australe, où la récolte principale est déjà terminée, la production de céréales devrait être supérieure à la moyenne quinquennale en 2026, des récoltes record étant attendues dans certains pays, selon le dernier rapport sur les Perspectives de récolte et la situation alimentaire. 

Dans les 39 pays à faible revenu et à déficit vivrier, la production céréalière totale devrait augmenter de 1,4 pour cent pendant la campagne 2026‑2027 et atteindre 129 millions de tonnes, tandis que besoins d’importation de céréales de ces pays devraient croître de 2,0 pour cent et atteindre près de 48 millions de tonnes. 

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