La FAO lance un mécanisme de financement novateur qui contribuera à prévenir les crises alimentaires avant qu’elles ne s’aggravent

Le Directeur général, M. Qu Dongyu, appelle à faire évoluer la réponse apportée aux crises à l’échelle mondiale en privilégiant une action anticipatoire plutôt qu’une intervention réactive

©️FAO/Pier Paolo Cito

Le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu, prononce un discours au cours de la manifestation spéciale sur le Mécanisme de financement en cas de crises alimentaires dues à des chocs, tenue le quatrième jour de la 44e session de la Conférence de la FAO, au siège de l’Organisation

©FAO/Pier Paolo Cito

01/07/2025

Rome – L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a lancé aujourd’hui le Mécanisme de financement en cas de crises alimentaires dues à des chocs, qui s’appuie sur les initiatives en place pour anticiper et prévenir l’aggravation des situations d’urgence alimentaire. Ce dispositif a été présenté en marge de la 44e session de la Conférence de la FAO.  

Lors du lancement officiel, le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu, a prôné un changement radical du type de réponse apportée dans le cas des crises alimentaires, en passant d’une aide d’urgence réactive à des mesures anticipatoires, financées en amont. 

«Chaque année, des millions de personnes sont victimes de la faim à cause de sécheresses, d’inondations, de conflits et de chocs économiques», a déclaré M. Qu, qui a souligné que les interventions sont souvent menées après que les crises ont échappé à tout contrôle et se sont transformées en véritables situations d’urgence. «Le Mécanisme est conçu de manière à changer la donne. Il propose un nouveau modèle d’action anticipatoire, qui repose sur une vérité à la fois simple et éloquente: il est plus efficace – et plus rentable – d’agir avant qu’une crise ne devienne une catastrophe». 

D’après les études menées par la FAO et ses partenaires, chaque USD investi dans l’action anticipatoire peut permettre d’économiser jusqu’à 7 USD, tout en améliorant les résultats obtenus pour les populations exposées aux risques. Il a par ailleurs été établi que si le système de réassurance se mobilise lui aussi, les économies pourraient monter à 10 USD par USD investi. 

Mis au point en 2024, sous la présidence italienne du G7, avec la contribution technique du Programme alimentaire mondial (PAM) et du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le Mécanisme est une étape qui aboutira à la transformation de la réponse apportée aux crises. S’appuyant sur des données en temps réel, des analyses prédictives et des facteurs de déclenchement reposant sur la science, il permet de mettre en place en amont des interventions plus rapides et ciblées. 

Un dispositif unique de réponse aux crises 

Le Mécanisme est le premier de sa catégorie à réunir les grands éléments suivants: 

un financement de l’action anticipatoire et de l’action rapide, permettant une intervention plus prompte et moins coûteuse; 

des financements mixtes et novateurs provenant de sources publiques et privées, dont les marchés de la réassurance; 

des analyses de pointe permettant de prendre en compte jusqu’à 12 types de risques, notamment les sécheresses, les inondations, les invasions de criquets pèlerins, les cyclones tropicaux, les flambées des prix et les conflits; 

le premier centre de suivi des risques et des opérations de la FAO, au siège de l’Organisation, qui fournit des données de surveillance en temps réel afin de coordonner les mesures de détection, d’alerte et d’intervention immédiates. 

Briser le cycle des souffrances prévisibles 

«Il ne s’agit pas simplement d’aller vite, mais de changer notre logique de financement des interventions en cas de crise», a précisé le Directeur général. «Le Mécanisme de financement en cas de crises alimentaires dues à des chocs nous permet d’agir avant que la situation ne devienne catastrophique et ainsi de sauver des vies et de protéger les moyens de subsistance.» 

Il est urgent d’opérer ce changement de fond. Selon l’édition 2025 du Rapport mondial sur les crises alimentaires, plus de 295 millions de personnes dans 53 pays et territoires ont fait face à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire en 2024, soit 13,7 millions de personnes de plus que l’année précédente. Si le premier facteur reste les conflits, puisqu’ils concernent près de 70 pour cent des personnes les plus touchées par l’insécurité alimentaire, la plupart de ces crises étaient au moins partiellement prévisibles. 

«Le Mécanisme a été mis au point pour se saisir de ces connaissances: il s’agit de briser le cycle des interventions tardives et d’éviter des souffrances prévisibles», a dit M. Qu. 

Pour commencer, le Mécanisme cherche à mobiliser 100 millions d’USD, dont la moitié servira à financer des interventions immédiates et assurables menées en fonction des risques, tandis que l’autre moitié sera réservée à des solutions de transfert des risques qui ne peuvent pas être assurées. Ce dispositif novateur pourrait générer des bénéfices de près d’un milliard d’USD, le rapport avantages‑coûts pouvant atteindre 10 pour 1. 

Un partenariat stratégique au service de la résilience mondiale 

En conclusion, le Directeur général a insisté sur le fait que le Mécanisme est la concrétisation d’un engagement commun en faveur de mesures plus rapides et stratégiques prises en amont afin de protéger les plus vulnérables. 

Aux côtés de ses partenaires régionaux et mondiaux, la FAO s’emploie à mettre en service et à élargir cet outil. Conçu pour compléter les dispositifs existants, comme le Fonds central pour les interventions d’urgence (CERF) de l’OCHA, le Mécanisme comble des lacunes majeures en matière de couverture géographique et de prise en compte des risques. 

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