La FAO ouvre la Conférence mondiale sur l’application de l’approche «Une seule santé» dans les systèmes agroalimentaires

Lancement d’une nouvelle plateforme en ligne centralisant des données et des outils sur l’élevage, afin d’appuyer l’alerte précoce, la préparation et la prise de décision

Le Directeur général de la FAO, QU Dongyu, prononce son allocution d’ouverture. Siège de la FAO (Salle plénière).

©FAO/Giulio Napolitano

21/09/2026

Rome – Le Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), M. Qu Dongyu, a ouvert aujourd’hui la Conférence mondiale de la FAO sur l’application de l’approche «Une seule santé» dans les systèmes agroalimentaires, en soulignant les liens étroits entre l’agriculture d’une part, et la santé humaine, végétale et animale, ainsi que celle des écosystèmes, d’autre part.  

«L’approche “Une seule santé” concerne les agriculteurs, les scientifiques et les ministères», a expliqué le Directeur général, précisant que cette transversalité entre plusieurs ministères gouvernementaux nécessitait que toutes les parties prenantes œuvrent ensemble de manière efficiente, efficace et cohérente.  

La dégradation des sols peut fragiliser les cultures et l’alimentation animale, tandis qu’une eau de mauvaise qualité peut favoriser la propagation d’agents pathogènes entre les populations animales et humaines. Le Directeur général a aussi indiqué que d’après les estimations, les organismes nuisibles et les maladies détruisaient chaque année entre 20 et 40 pour cent de la production végétale mondiale, ce qui illustre bien les conséquences que les menaces pour la santé végétale peuvent avoir sur la sécurité alimentaire. 

Ces problématiques ne peuvent être abordées séparément. L’approche «Une seule santé» part du principe que la santé humaine, animale et végétale et celle des écosystèmes sont étroitement liées, et que la lutte contre les risques associés aux maladies nouvelles, à la résistance aux antimicrobiens, au changement climatique et à la sécurité sanitaire des aliments nécessite l’action convergente des différents secteurs.  

Cette convergence est l’un des principaux objectifs de la Conférence qui s’ouvre au siège de la FAO, à Rome. Le but est d’aider les pays à passer du dialogue à l’action concrète. Les discussions seront centrées sur le renforcement de la coopération, le partage des connaissances et la définition des actions prioritaires et des possibilités d’investissement au service de systèmes agroalimentaires plus sains et plus résilients. 

«Cette conférence réunit des représentants gouvernementaux de haut niveau, des scientifiques, des agriculteurs, des représentants des peuples autochtones, des jeunes et de la société civile du monde entier – cette diversité constitue l’essence même de l’approche “Une seule santé”», a souligné M. Qu. 

La séance d’ouverture s’est déroulée en présence de M. Mwigulu Lameck Nchemba, Premier Ministre de la République-Unie de Tanzanie, ainsi que de différents ministres chargés de l’agriculture, de la santé, de l’élevage, de la pêche et de l’environnement. 

Le débat de haut niveau a accueilli MM. Đuro Macut, Premier Ministre serbe, et Guy Parmelin, Président de la Confédération suisse, qui ont tous deux transmis des messages vidéo. 

Parmi les ministres participants, on citera M. Abdul Awal Mintoo, Ministre de l’environnement, des forêts et du changement climatique du Bangladesh; Mme Annie Genevard, Ministre de l’agriculture de la France; M. Martin Heydon, Ministre de l’agriculture, de l’alimentation et de la marine de l’Irlande; Mme Yu-Kyoung Oh, Ministre de la sûreté des aliments et des médicaments de la République de Corée (par message vidéo); et M. Mustapha Ferjani, Ministre de la santé publique de la Tunisie. 

M. Xia Gang, Directeur général adjoint de l’Administration nationale chinoise de prévention et de contrôle des maladies, figurait lui aussi parmi les hauts représentants gouvernementaux assistant à la Conférence. 

Une nouvelle plateforme en ligne pour transformer les connaissances en action concrète 

Mettre en pratique l’approche «Une seule santé» nécessite aussi d’améliorer l’accès à l’information. C’est dans ce but que la FAO a lancé la Plateforme sur la transformation de l’élevage dans une optique de durabilité/Pôle de connaissances et de renseignement «Une seule santé», qui centralise données sur l’élevage, outils d’analyse, connaissances et informations sur les activités de la FAO. 

Conçu comme un portail unique d’information sur l’élevage, cette plateforme donne accès aux données via des tableaux de bord organisés par thème et par zone géographique. Les utilisateurs peuvent y chercher des informations sur la production animale, sur les risques sanitaires pour les animaux, sur la résistance aux antimicrobiens, sur les interactions au niveau du climat et de l’environnement, ainsi que sur les enjeux économiques et sociaux qui y sont associés. 

La plateforme comporte en outre un assistant fondé sur l’intelligence artificielle, destiné à faciliter la navigation parmi les informations et les outils relevant des différents domaines d’activité de la FAO dans le secteur de l’élevage. 

En permettant aux utilisateurs d’obtenir et de recouper des informations en provenance de sources diverses, la plateforme vise à renforcer l’alerte précoce et la préparation, et à soutenir une prise de décision fondée sur des données factuelles. Elle permet aussi d’accéder aux projets, aux connaissances et à l’expertise de la FAO dans le domaine de l’élevage aux niveaux national, régional et mondial, contribuant ainsi à traduire les informations disponibles en actions concrètes sur le terrain. 

L’ensemble de ces ressources a pour objectif de fournir une base de données factuelles plus solide à l’appui des politiques, de l’investissement et de la planification stratégique, favorisant ainsi la transition vers des systèmes agroalimentaires plus efficaces, plus inclusifs, plus résilients et plus durables. 

Mise en pratique de l’approche «Une seule santé» 

La FAO, en coopération avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (Convention de Bonn), a aussi présenté aujourd’hui le Cadre mondial visant à accélérer l’action contre la grippe aviaire. Son objectif est de contrer les menaces que constitue la grippe aviaire; de définir des objectifs communs ainsi que les domaines de coopération entre les quatre organisations en ce qui concerne la grippe aviaire, notamment dans les domaines de la santé animale et publique; et de protéger la faune sauvage. 

La Conférence, qui se poursuit jusqu’au 23 septembre, permettra aux représentants gouvernementaux, aux scientifiques, aux agriculteurs et aux autres partenaires d’échanger leurs expériences et d’étudier les possibilités de coopération et d’investissement aux fins de la mise en œuvre de l’approche «Une seule santé». 

Elle s’inscrit par ailleurs dans le prolongement des efforts déployés par la FAO pour mettre au point un Cadre de l’approche «Une seule santé» dans les systèmes agroalimentaires. Ce cadre, dont le Comité de l’agriculture de l’Organisation avait demandé l’élaboration en 2024, vise à donner aux pays des orientations pratiques s’agissant d’intégrer l’approche «Une seule santé» à leurs politiques, à leurs investissements et à leurs programmes. 

Contacts

FAO Newsroom (+39) 06 570 53625 [email protected]

Giacomo Martella FAO Actualités et Médias (Rome) [email protected]