À l’occasion de la Semaine du numérique de Genève, la FAO plaide en faveur d’une transformation numérique inclusive, responsable et axée sur le développement, qui donne aux agriculteurs et aux communautés rurales du monde entier les moyens d’agir
Le Sommet mondial sur l’IA au service du bien social
©FAO
Genève – L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a placé la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et la durabilité des systèmes agroalimentaires au premier plan du programme mondial relatif à l’intelligence artificielle (IA) au service du développement durable. Elle a appelé à une transformation numérique inclusive, responsable et axée sur le développement lors de la semaine de réunions et de débats de haut niveau tenue à Genève du 6 au 10 juillet, à l’occasion de trois grands rendez-vous: le Forum du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), le Sommet mondial sur l’IA au service du bien social et le tout premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA.
«Lors de cette semaine de triple rencontre, la FAO a établi des liens entre ses activités dans les domaines de la science, de l’innovation, des politiques, des partenariats et des initiatives menées au niveau national afin de montrer comment une transformation numérique responsable pouvait contribuer à la sécurité alimentaire, à la résilience climatique et au développement durable», a expliqué M. Charles Spillane, Scientifique en chef de la FAO.
M. Spillane a indiqué que l’IA et les technologies numériques transformaient rapidement la manière dont les pays produisent des aliments, gèrent les risques, fournissent des services et protègent les ressources naturelles. Pourtant, les réalités vécues par les petits producteurs et les communautés rurales, leurs besoins concrets et la diversité des systèmes agroalimentaires et agricoles dans le monde sont trop souvent absents des débats mondiaux sur l’IA et la gouvernance du numérique.
«Le mot d’ordre “Ne laisser aucune agricultrice ni aucun agriculteur de côté” n’est pas seulement une aspiration. Il sert aussi à vérifier ce qu’il en est dans les faits. L’accès à l’IA et les effets de son utilisation sont deux choses différentes. Une innovation qui ne profite qu’aux exploitations les plus grandes et les mieux dotées en ressources ne permettra pas d’obtenir les résultats dont nous avons besoin de toute urgence pour transformer les systèmes agroalimentaires. Si l’IA est déployée sans que l’on tienne compte des inégalités existantes, celles-ci risquent de s’aggraver et de s’étendre. C’est pourquoi nous avons lancé, avec l’Union internationale des télécommunications et d’autres partenaires, l’Initiative mondiale multipartite sur l’IA au service des systèmes agroalimentaires, dont la première réunion s’est tenue au siège de la FAO en juin dernier», a ajouté M. Spillane.
Forum du SMSI: maintenir les systèmes agroalimentaires à l’ordre du jour de la coopération numérique
Dans le cadre du Forum du SMSI, la FAO a contribué aux débats en organisant une session consacrée à la promotion d’une gouvernance fiable des données, d’une IA inclusive et de biens publics numériques au service de la mise en place d’infrastructures publiques numériques adaptables et d’écosystèmes d’innovation multilingues propices à la transformation des systèmes agroalimentaires mondiaux. L’Organisation a conforté son rôle de chef de file en tant que facilitatrice de la grande orientation C7 du SMSI relative à la cyberagriculture. Depuis la création du SMSI en 2003, ce rôle moteur confère à la FAO une position privilégiée pour fédérer des partenaires autour de l’agriculture numérique, de la connectivité, de la gouvernance fiable des données, des infrastructures et biens publics numériques, du renforcement des capacités et d’une transformation numérique inclusive.
La participation de la FAO au SMSI a également permis de mettre en lumière, pour la première fois, des solutions numériques pilotées par les jeunes, des modes de communication fiables sur le climat et la sécurité alimentaire, une IA inclusive et des écosystèmes d’innovation multilingues. Le message était clair: les jeunes ne sont pas seulement des bénéficiaires de la transformation numérique, mais sont aussi des innovateurs, des acteurs de la communication et des partenaires qui contribuent activement à faire de la coopération numérique un véritable vecteur de développement pour les communautés rurales.
La FAO a renforcé encore sa visibilité au SMSI grâce à la distinction du Portail sur la science, la technologie et l’innovation comme l’un des projets champions au titre des prix décernés lors du SMSI en 2026. Cette reconnaissance confirme la valeur grandissante du Portail en tant que bien public numérique et plateforme mondiale d’accès aux connaissances, dont l’objectif est d’aider les pays, les praticiens et les partenaires à accéder à des ressources étayées par des données factuelles dans le domaine de l’innovation, à décloisonner des écosystèmes de connaissances fragmentés et à favoriser le déploiement à grande échelle de la science, de la technologie et de l’innovation au profit d’une transformation durable des systèmes agroalimentaires.
L’IA au service du bien social: faire de l’innovation un levier d’impact
Lors du Sommet mondial sur l’IA au service du bien social, la FAO a défendu l’idée qu’une IA au service du développement durable devait appuyer la transformation des systèmes agroalimentaires voulue pour améliorer la production, la nutrition, l’environnement et les conditions de vie, sans laisser personne de côté. Le Sommet mondial sur l’IA a offert à la FAO et à ses partenaires une tribune de premier plan pour présenter des solutions d’IA responsables qui répondent aux besoins réels en matière de sécurité alimentaire et de durabilité dans l’ensemble des systèmes agroalimentaires.
Au Sommet mondial sur l’IA, la FAO s’est mobilisée à plusieurs titres, notamment en dirigeant des sessions portant sur les thèmes suivants: «L’IA au service de la sécurité alimentaire: une innovation responsable pour des systèmes agroalimentaires résilients»; «L’IA au menu: transformer les systèmes alimentaires numériques»; le rôle des jeunes dans les solutions d’IA au service des systèmes agroalimentaires, abordé notamment lors de la session intitulée «Faire progresser les solutions d’IA dans les systèmes agroalimentaires grâce au rôle moteur des jeunes» et de la cérémonie de clôture et de remise des prix du Concours des jeunes sur la robotique au service du bien social; «Déployer à grande échelle des solutions d’IA éprouvées: données factuelles, partenariats et financement au service du développement durable, de l’action humanitaire et de la résilience»; et «Du défi au changement: une IA générative à code source ouvert pour des effets concrets».
Dans le cadre de sa participation active à ces sessions, la FAO a constamment mis en avant l’importance d’une IA ouverte, centrée sur l’humain et fiable à l’appui des services de conseil, de l’alerte rapide, de la résilience climatique, de la transformation des systèmes agroalimentaires et de l’innovation portée par les jeunes. Elle a également reconnu le rôle des jeunes chercheurs et innovateurs en tant que cocréateurs de solutions d’IA responsables au service des systèmes agroalimentaires et de la sécurité alimentaire.
Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA: élaborer des règles adaptées aux systèmes agroalimentaires
Le premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA a constitué un temps fort de la réflexion internationale visant à définir les contours d’une IA sûre, sécurisée et fiable. La FAO y a apporté un éclairage sectoriel tenant compte des enjeux liés à la sécurité alimentaire, à l’inclusion sociale, à la qualité et à la gestion responsable des données, aux infrastructures et biens publics numériques, au renforcement des capacités et aux garanties axées sur les agriculteurs.
Dans ses contributions au Dialogue, la FAO a mis l’accent sur la réduction des inégalités liées à l’IA et de la fracture numérique, le renforcement des fondements des biens publics numériques, la promotion de l’interopérabilité, le développement d’approches ouvertes et la nécessité de faire en sorte que les pays en développement, les petits producteurs et les communautés rurales les plus pauvres puissent tirer parti de l’IA. Elle a souligné qu’une IA responsable devait être transparente, soumise à l’obligation de rendre compte, inclusive et guidée par le principe de ne pas nuire.
Dans le cadre du Pôle de partenariats du Dialogue des Nations Unies sur l’IA récemment créé, la FAO a mis davantage en lumière plusieurs applications concrètes de l’IA, notamment Tellus, qui est son outil de navigation dans les connaissances fondé sur l’IA; Célia FAO, son tout premier avatar consacré aux ressources humaines conçu pour faire office de collègue virtuel; l’Assistant numérique pour l’agro-informatique (AIDA); LUMINA, un dispositif assisté par l’IA pour l’alerte rapide et l’aide à la décision dans le domaine de la malnutrition aiguë au Soudan du Sud; ainsi que d’autres applications déployées au niveau national, en particulier dans la région Europe et Asie centrale, à l’appui des services de conseil, de l’irrigation, de la résilience, de l’analyse des enquêtes et des échanges avec les agriculteurs.
L’IA doit être un vecteur d’inclusion et de développement durable au plus près des besoins de la vie réelle
La participation de la FAO à la Semaine du numérique a permis de dégager une conclusion sans équivoque: la gouvernance des technologies numériques et de l’IA doit associer les agriculteurs, être axée sur le développement et reposer sur des besoins concrets et des données représentatives de la diversité des contextes agroalimentaires locaux. Le SMSI a mis en lumière les fondements de la coopération numérique. Le Sommet mondial sur l’IA au service du bien social a présenté des exemples d’innovation et de mise en place de solutions. Le Dialogue mondial contribue quant à lui à définir les cadres de gouvernance requis pour régir l’utilisation responsable de l’IA.
Par l’intermédiaire de son groupe de travail interorganisations sur l’IA, la FAO s’emploie à relier ces différents aspects afin que les systèmes agroalimentaires et la sécurité alimentaire occupent une place centrale dans la transformation numérique et celle liée à l’IA. En participant aux trois grands rendez-vous de la Semaine du numérique, la délégation de la FAO a noué et renforcé des partenariats, tout en confortant la place de l’Organisation en tant que principale institution de référence, investie d’un mandat en matière d’IA responsable et de transformation numérique au service des systèmes agroalimentaires et de la sécurité alimentaire.
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