Une nouvelle série d’indicateurs relatifs à l’égalité des genres permet une analyse plus approfondie sous de multiples angles
Les femmes jouent un rôle essentiel à chaque étape des systèmes agroalimentaires, mais continuent de se heurter à davantage d’obstacles que les hommes en matière d’accès aux terres, aux ressources, aux services, aux technologies et au financement, ainsi qu’aux possibilités de participer à la prise de décisions.
©FAO / Jean Baptiste Nkurunziza
Rome – L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié a publié son jeu de données le plus complet à ce jour sur les femmes dans les systèmes agroalimentaires, offrant ainsi aux gouvernements, aux chercheurs, aux partenaires de développement et aux professionnels un nouvel outil puissant qui leur permettra de mieux comprendre les inégalités, de suivre les progrès et de concevoir des politiques et des investissements plus efficaces qui prennent en compte les besoins des femmes comme des hommes.
Le domaine de la base de données FAOSTAT consacré à l’égalité des genres dans les systèmes agroalimentaires a été inauguré mercredi, conformément à l’engagement pris par la FAO dans le cadre de l’initiative «S’engager vers plus d’égalité». Il apporte en outre une contribution essentielle à l’Année internationale des agricultrices (2026), proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies pour mettre en lumière l’apport indispensable des femmes au sein des systèmes agroalimentaires et accélérer les mesures visant à lutter contre les inégalités persistantes auxquelles elles demeurent confrontées.
Les femmes jouent un rôle essentiel à chaque étape des systèmes agroalimentaires, de la production au commerce, en passant par la transformation et la distribution. Cependant, elles continuent de se heurter à des obstacles plus importants en matière d’accès aux terres, aux ressources, aux services, aux technologies et au financement, ainsi qu’aux possibilités de participer à la prise de décisions.
Pour relever ces défis de manière efficace, il faut disposer de données solides et exhaustives qui couvrent les dimensions multiples – et souvent interdépendantes – des disparités entre les femmes et les hommes. Sans ces données, il est impossible de concevoir, de mettre en œuvre ou d’évaluer efficacement les politiques, les programmes et les mécanismes de responsabilité nécessaires pour produire des changements notables en faveur des femmes dans les systèmes agroalimentaires.
«Le domaine de FAOSTAT consacré à l’égalité des genres dans les systèmes agroalimentaires nous offre une nouvelle assise solide pour rendre visibles les contributions des femmes, suivre avec précision les inégalités et concevoir des politiques qui permettent aux femmes de réaliser pleinement leur potentiel dans les systèmes agroalimentaires», a déclaré M. Maximo Torero, Économiste en chef de la FAO.
Le nouveau domaine consacré à l’égalité des genres répond directement à ce besoin, puisqu’il réunit des données harmonisées, comparables au niveau international et ventilées par sexe, ce qui permet de suivre l’évolution des disparités entre les femmes et les hommes et d’aider les responsables de l’élaboration des politiques à cibler les interventions de manière à agir là où elles sont le plus nécessaires.
«En somme, il s’agit non seulement d’une plateforme statistique, mais aussi d’un outil au service de la responsabilité et de l’action», a indiqué M. Torero.
Les cinq domaines de la série d’indicateurs sur l’égalité des genres
Le jeu de données s’articule autour de cinq domaines et comprend des indicateurs couvrant la période 2000-2024. Ensemble, ces domaines offrent une vision systémique des écarts entre les femmes et les hommes, les résultats obtenus dans un domaine déterminant les contraintes rencontrées dans d’autres domaines et réciproquement. Ainsi, un accès limité aux ressources peut réduire la productivité et les revenus, tandis que certaines normes sociales sont susceptibles de restreindre l’accès à l’éducation et la participation au marché du travail.
Voici les principales constatations concernant ces cinq domaines:
Participation économique et revenus: Les femmes représentent 42 pour cent de la main-d’œuvre mondiale des systèmes agroalimentaires, soit 1,37 milliard de personnes, et cette proportion n’a pratiquement pas changé depuis 2000. Malgré leur forte représentation, les femmes ont plus de probabilités que les hommes de travailler dans le secteur informel ou à leur compte et perçoivent généralement des revenus inférieurs.
Ressources et services: Les femmes continuent d’être confrontées à des inégalités d’accès aux terres, au crédit, à l’eau et aux technologies. Dans 85 pour cent des pays pour lesquels des données sont disponibles, les femmes sont moins nombreuses que les hommes à posséder des terres agricoles ou à disposer de droits fonciers sécurisés sur celles-ci. Les taux de possession d’un smartphone sont également plus faibles chez les femmes, ce qui met en évidence la fracture numérique.
Éducation: Si les disparités entre les femmes et les hommes se sont atténuées dans l’éducation de base, jusqu’à s’inverser parfois, elles subsistent aux degrés plus élevés, ainsi qu’en milieu rural. L’amélioration du niveau d’instruction ne s’est pas traduite par une égalité de situation sur le marché du travail, preuve que l’éducation ne peut, à elle seule, éliminer les disparités.
Agencéité et institutions sociales: Les possibilités qui s’offrent aux femmes restent limitées par des lois discriminatoires, des normes sociales et les attentes de la société. Selon les données de l’indice Institutions sociales et égalité des genres (indice SIGI) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ces contraintes sont moins marquées en Europe et en Amérique, mais plus importantes en Afrique et en Asie. Dans l’ensemble des pays étudiés, les femmes consacrent davantage de temps que les hommes aux travaux domestiques non rémunérés, avec une différence comprise entre 2 et 20 points de pourcentage.
Sécurité alimentaire et nutrition: À l’échelle mondiale, la prévalence de l’insécurité alimentaire modérée ou grave est systématiquement plus élevée chez les femmes: en 2024, parmi les personnes âgées de 15 ans ou plus en situation d’insécurité alimentaire, on comptait 63,4 millions de femmes de plus que d’hommes. L’écart entre les femmes et les hommes dans ce domaine s’est creusé pendant la pandémie de covid-19, en particulier en Amérique latine et dans les Caraïbes.
«Le domaine de FAOSTAT consacré à l’égalité des genres nous offre une nouvelle assise solide pour rendre visibles les contributions des femmes, suivre avec précision les inégalités et concevoir des politiques qui permettent aux femmes de réaliser pleinement leur potentiel dans les systèmes agroalimentaires», a déclaré M. Torero. «En effet, lorsque nous investissons en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes dans les systèmes agroalimentaires, nous ne faisons pas seulement progresser l’équité: nous renforçons aussi la productivité, la résilience et la sécurité alimentaire pour tous.»
Nicholas Rigillo FAO Actualités et Médias (Rome) [email protected]
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