Rapport de la FAO: La restauration des forêts et des paysages est essentielle à la réalisation des objectifs mondiaux en matière de sécurité alimentaire et de développement

Selon le rapport intitulé La Situation des forêts du monde 2026, la restauration constitue comme un investissement à fort impact dont bénéficient les populations, les systèmes agroalimentaires et l’environnement

© FAO / Nicholas Oloo

L’édition 2026 du rapport de la FAO intitulé La Situation des forêts du monde porte sur les moyens d’étendre la restauration des forêts et des paysages de sorte qu’elle bénéficie durablement aux populations et à la planète.

©FAO / Nicholas Oloo

28/09/2026

Rome – La restauration des forêts et des paysages est un moyen présentant un bon rapport coût-efficacité de relever les défis liés à la sécurité alimentaire, à la biodiversité et au climat, ainsi qu’à d’autres défis en matière de développement, d’après un nouveau rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui souligne que sa mise en œuvre à plus grande échelle requerra des investissements accrus, notamment une gouvernance et un engagement politique soutenu. 

La publication phare intitulée La Situation des forêts du monde a paru lundi dans le cadre de la 28e session du Comité des forêts de la FAO et de sa 10e Semaine mondiale des forêts. 

L’édition 2026 porte sur les moyens d’étendre la restauration des forêts et des paysages de sorte qu’elle bénéficie durablement aux populations et à la planète. Elle s’appuie sur des données et des expériences recueillies dans le monde entier pour définir quatre axes stratégiques permettant d’accélérer les progrès: l’autonomisation des populations et le renforcement des droits; la mise en œuvre de la restauration à l’échelle du paysage; la mobilisation de financements et les modèles d’activité qui soutiennent la restauration; et la mise en place de politiques, d’institutions et de lois cohérentes. 

«Il apparaît clairement dans La Situation des forêts du monde 2026 que la restauration des forêts et des paysages est plus qu’une priorité environnementale: c’est un investissement stratégique dans des systèmes agroalimentaires résilients et le développement rural», a écrit le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu, dans l’avant-propos du rapport.  

«La marge de manœuvre se réduit, et une restauration tardive ou mal conçue augmente les coûts à long terme, aggrave les inégalités et risque d’enfermer les paysages dans des trajectoires non durables», a-t-il ajouté. 

Les forêts couvrent 4,14 milliards d’hectares (environ 32 pour cent des terres émergées de la planète), stockent 714 gigatonnes de carbone et abritent jusqu’à 80 pour cent de la biodiversité terrestre mondiale. Elles sont essentielles pour la résilience des systèmes agroalimentaires: arbres et forêts assurent en effet la sécurité alimentaire et les moyens d’existence de près d’un tiers de la population mondiale. 

Cependant, on estime que 489 millions d’hectares de forêt ont été détruits entre 1990 et 2025 en raison de la déforestation, tandis que plus de 460 millions d’hectares sont dégradés dans le monde. Au total, 1,56 milliard d’hectares de terres sont dégradés, du fait de la croissance démographique, du changement d’affectation des terres et de la demande croissante de ressources naturelles. 

Dans le même temps, les menaces s’intensifient. Chaque année, près de 127 millions d’hectares de forêt sont touchés par les feux, tandis que les insectes, les maladies et les phénomènes météorologiques graves causent d’autres dommages. 

Alors que la demande de produits forestiers augmente et que la concurrence pour l’utilisation des terres accroît la pression sur les ressources naturelles, le rapport met en avant la nécessité de restaurer à grande échelle les forêts et les paysages dégradés, soulignant que le coût de l’inaction est bien plus élevé que celui de la restauration.  

À l’échelle mondiale, l’impact de l’absence de restauration des écosystèmes dégradés est estimé entre 878 milliards et 6 300 milliards de dollars des États-Unis (USD) par an, ce qui représente 2 à 8,3 pour cent du PIB annuel, selon la portée de l’évaluation. 

En revanche, la restauration de plus de 1 milliard d’hectares de terres dégradées pourrait générer 1 800 milliards d’USD de bénéfices par an, notamment une plus grande biodiversité, une meilleure régulation de l’eau et une meilleure santé des sols. Le rapport indique qu’investir 2 600 milliards d’USD sur 15 ans dans la lutte contre la dégradation des terres et l’atténuation des effets de la sécheresse pourrait rapporter 8 USD de bénéfices sociaux pour chaque dollar investi. 

Dans des conditions favorables, la restauration peut générer des retours sur investissement pouvant atteindre 30 USD par dollar investi. 

En outre, la restauration crée des emplois, redynamise les systèmes de production et favorise une croissance résiliente. Au-delà de la création de revenus, les avantages vont de l’amélioration du bien-être à la préservation de l’identité culturelle et des systèmes de savoirs, en passant par un renforcement de la cohésion sociale. 

Transposer les solutions à plus grande échelle 

Des progrès sont en cours, la restauration à grande échelle étant de plus en plus reconnue comme essentielle à la réalisation des objectifs mondiaux de neutralité en matière de dégradation des terres, d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à ses effets, de conservation de la biodiversité et d’élimination de la faim.  

D’après le rapport, les gouvernements de 91 pays et territoires se sont engagés à consacrer plus de 190 millions d’hectares à la restauration des forêts. 

Parmi les 18 études de cas analysées dans le rapport, on peut citer comme exemples de projets de restauration notables l’initiative Grande muraille verte du Sahara et du Sahel, le Programme des Trois Nord de la Chine et le Pacte trinational pour la forêt atlantique en Argentine, au Brésil et au Paraguay. 

Cependant, les progrès restent insuffisants, avec seulement 206,5 millions d’hectares de forêts en cours de restauration. 

Le rapport met en évidence quatre axes stratégiques qui se renforcent mutuellement pour étendre la restauration de haute qualité: 

  • les populations doivent occuper une place centrale, et l’on doit veiller à ce que leurs droits, leurs savoirs et leurs priorités influent sur les résultats en matière de restauration; 
  • la restauration doit être planifiée et mise en œuvre à l’échelle du paysage, en conciliant conservation, production et moyens de subsistance grâce à des approches adaptées à chaque situation; 
  • le financement doit être adapté aux réalités de la restauration; on n’obtiendra de résultats pérennes de haute qualité qu’en mobilisant des ressources publiques et privées; 
  • des cadres politiques, juridiques et institutionnels cohérents sont des conditions préalables d’une restauration à grande échelle et de la pérennité de cette dernière. 

 

«Les années qui nous séparent de 2030 doivent être mises à profit pour faire en sorte que la mise en œuvre soit de qualité – en intensifiant une restauration des forêts et des paysages qui soit centrée sur l’être humain, fondée sur la science et soutenue par des politiques cohérentes. Je ne doute pas que l’action collective et l’engagement commun nous permettront de restaurer à grande échelle les terres dégradées et de bâtir un avenir meilleur pour tous», a écrit le Directeur général de la FAO.

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