Dans le cadre de son nouvel appel mondial pour les urgences et la résilience, la FAO cherche à obtenir 2,5 milliards d’USD pour aider 100 millions de personnes dans 54 pays

Ce premier appel est axé sur la recherche de solutions agricoles rentables qui répondent aux besoins urgents tout en favorisant la résilience à long terme

©FAO/Mahmoud Shamoruk

Des membres du personnel de la FAO inspectent et vérifient les quantités de semences avant leur transport jusqu’au Kordofan et au Darfour, dans l’entrepôt de Sararat (Soudan).

©FAO/Mahmoud Shamoruk

03/12/2025

Rome – L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a lancé aujourd’hui son premier appel pour les urgences et la résilience, afin qu’une approche plus cohérente et plus rapide soit adoptée face à la montée de l’insécurité alimentaire aiguë dans un contexte où les ressources humanitaires se raréfient. L’appel place l’assistance agricole d’urgence au cœur des efforts faits pour protéger la production alimentaire et renforcer la résilience dans les contextes de crise.  

L’objectif est d’obtenir 2,5 milliards d’USD afin d’aider plus de 100 millions de personnes dans 54 pays et territoires en 2026. En consolidant l’ensemble des besoins en matière d’action humanitaire et de résilience au sein d’un même cadre, la FAO cherche à répondre aux besoins urgents tout en réduisant la probabilité qu’il faille apporter à plusieurs reprises une aide coûteuse lors de futures crises.  

L’appel traduit la volonté de la FAO d’intervenir différemment – en visant des priorités plus claires, en suivant un échelonnement plus solide et en appliquant des solutions fondées sur les demandes systématiques des agriculteurs – dans des domaines que les membres exhortent la FAO à renforcer. 

Lorsque le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu, a lancé l’appel en marge de la 179e session du Conseil de la FAO, il a souligné qu’il fallait renforcer la conception et l’exécution des réponses aux crises alimentaires, de sorte que chaque contribution ait le plus d’impact possible.  

«L’insécurité alimentaire aiguë a triplé depuis 2016, malgré l’importance du financement de l’action humanitaire. Le modèle actuel ne suffit tout simplement pas à faire face aux réalités d’aujourd’hui», a dit le Directeur général. «Il est crucial d’aider les agriculteurs à maintenir la production pour garantir la disponibilité des aliments. Lorsque les agriculteurs peuvent continuer à produire, les communautés se stabilisent et la résilience se concrétise.» 

Le Directeur général a ajouté que, lors du Forum mondial de l’alimentation de cette année, des jeunes provenant de situations de crise avaient fait passer un message clair: ils veulent qu’on leur propose des possibilités, et non des aides à répétition. L’appel répond à cette demande, car «il est piloté par les membres et axé sur la réalité, la demande, les solutions et surtout le rapport coût-efficacité». 

Privilégier les solutions qui réduisent les besoins au fil du temps 

L’appel 2026 tient compte du fait que les facteurs qui favorisent l’insécurité alimentaire dans les crises prolongées d’aujourd’hui ne peuvent être atténués de façon durable uniquement au moyen d’une aide à court terme. Bien que 90 pour cent des ressources humanitaires soient désormais consacrées à des situations d’urgence qui perdurent, la faim continue de progresser. 

Quelque 80 pour cent des personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë vivent en milieu rural et dépendent de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche ou de la foresterie. Pourtant, seulement 5 pour cent du financement humanitaire destiné au secteur alimentaire sert à appuyer les moyens de subsistance agricoles – un déséquilibre persistant qui piège les familles dans un cycle de crise et de dépendance. En renforçant la production alimentaire locale, on améliore l’offre d’aliments, soutient les marchés, crée des emplois et stabilise les communautés – en particulier dans des pays comme le Soudan, le Soudan du Sud, l’Afghanistan et la République démocratique du Congo. 

L’appel insiste sur l’importance d’une action anticipée et de la rapidité de l’assistance agricole d’urgence. La rapidité de la distribution de semences, des campagnes de vaccination des animaux d’élevage, de la remise en état d’infrastructures clés, de la fourniture d’outils, de l’assistance en espèces et de l’appui orienté vers les marchés n’a eu de cesse de prouver son excellent rapport coût-efficacité, en particulier dans les contextes de conflit ou de crise climatique. 

L’appel s’inscrit également dans le droit fil de l’aperçu de la situation humanitaire mondiale devant être établi par l’ONU en 2026, ce qui favorise la cohérence de la planification interinstitutions tout en permettant à la FAO d’apporter sa perspective agricole et ses compétences techniques à l’action humanitaire globale.  

Il est démontré qu’une action rapide dans le secteur agricole peut aboutir à des ratios coûts-avantages allant jusqu’à 7/1 – ce qui signifie que chaque dollar investi aujourd’hui pour protéger la production peut éviter jusqu’à sept dollars de pertes et de besoins humanitaires plus tard dans l’année. 

La FAO exhorte les donateurs, les pouvoirs publics et les partenaires à investir dans des solutions qui aident les familles à résister aux chocs, à rétablir la production et, au bout du compte, à réduire les futurs besoins. Derrière chaque dollar demandé dans le cadre de l’appel, on trouve un ménage rural en quête de stabilité, de dignité et d’une solution pour sortir de la crise. 

Objectifs de l’appel mondial pour les urgences et la résilience de 2026 

  • 1,5 milliard d’USD destinés à des interventions d’urgence vitales au profit de 60 millions de personnes, notamment sous la forme de semences, d’outils, de campagnes de santé animale, de rétablissement rapide des moyens de subsistance et d’assistance en espèces.
  • 1 milliard d’USD destinés à des programmes de résilience en faveur de 43 millions de personnes, l’accent étant mis sur les solutions agroalimentaires qui présentent des avantages pour le climat, la biodiversité et la sécurité alimentaire, les infrastructures hydriques, l’accès aux marchés et la remise en état des systèmes agroalimentaires.
  • 70 millions d’USD destinés à des services mondiaux, tels que les systèmes de données, la surveillance des menaces relatives à la filière alimentaire, l’action anticipée et la coordination dans le cadre du nexus action humanitaire-développement-paix. 

Répartition des appels par région

  • Asie et Pacifique: 521,6 millions d’USD destinés à aider 30,5 millions de personnes dans les pays suivants: Afghanistan, Bangladesh, Myanmar, Pakistan, Philippines et Timor-Leste.
  • Proche-Orient et Afrique du Nord: 519,1 millions d’USD destinés à aider 29,2 millions de personnes dans les pays suivants: Égypte, Iraq, Jordanie, Liban, Palestine, République arabe syrienne, Soudan et Yémen.
  • Afrique de l’Est: 471,6 millions d’USD destinés à aider 18,4 millions de personnes dans les pays suivants: Éthiopie, Djibouti, Kenya, Ouganda, République-Unie de Tanzanie, Rwanda, Somalie et Soudan du Sud.
  • Afrique de l’Ouest et Afrique centrale: 593,4 millions d’USD destinés à aider 17,7 millions de personnes dans les pays suivants: Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Sénégal, Sierra Leone, Tchad et Togo.
  • Afrique australe: 179,6 millions d’USD destinés à aider 5,3 millions de personnes dans les pays suivants: Eswatini, Lesotho, Madagascar, Malawi, Mozambique, Namibie, Zambie et Zimbabwe.
  • Amérique latine et Caraïbes: 111,9 millions d’USD destinés à aider 1,3 million de personnes dans les pays suivants: Colombie, Équateur, El Salvador, Guatemala, Haïti, Honduras, Venezuela (République bolivarienne du).
  • Europe: 64,7 millions d’USD destinés à aider 358 713 personnes en Ukraine. 

 

Un appel à l’appui collectif 

La FAO a souligné que l’appel témoignait de l’engagement des dirigeants s’agissant de protéger la production alimentaire et de réduire les futurs besoins humanitaires moyennant des solutions éprouvées, en faisant en sorte que chaque contribution ait le plus grand effet positif possible au profit des communautés les plus vulnérables, des membres et des donateurs. 

«Cet appel mondial symbolise une nouvelle FAO, au fonctionnement plus rapide, plus rationnel et plus efficace», a indiqué le Directeur général. 

En savoir plus sur ce thème

FAO Global Emergency and Resilience Appeal 2026 (Appel mondial 2026 de la FAO pour les urgences et la résilience) 

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