Étude de la FAO: L’offre mondiale de viande a quadruplé en six décennies, mais la répartition reste inégale

Le rapport analyse comment l’environnement alimentaire influe sur l’offre et la demande d’aliments issus d’animaux terrestres

© FAO / Daniele Epifanio

Selon les conclusions du rapport, l’offre mondiale d’aliments issus d’animaux terrestres a augmenté rapidement depuis les années 1960, la viande de volaille ayant affiché la croissance la plus prononcée.

©FAO / Daniele Epifanio

05/06/2026

Rome – L’offre mondiale d’aliments issus d’animaux terrestres a connu une augmentation considérable ces six dernières décennies, principalement en ce qui concerne les œufs, la volaille et la viande porcine. Cette expansion a fait de l’élevage l’une des composantes du secteur agricole ayant la croissance la plus forte, selon une nouvelle étude de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). 

Le rapport, intitulé Facteurs déterminant l’offre et la demande d’aliments provenant d’animaux terrestres – Aperçu de l’état actuel des connaissances et des lacunes fondé sur une analyse des données et des politiques, contient une évaluation mondiale complète et fondée sur la science de la contribution du secteur de l’élevage à la sécurité alimentaire, à la durabilité des systèmes agroalimentaires, à la nutrition et à une alimentation saine et recense les principales lacunes en matière de connaissances. Il traite des systèmes de production de toutes tailles, y compris les systèmes intégrés de culture et d’élevage, les opérations d’élevage spécialisées, les systèmes de pâturage et le pastoralisme, ainsi que l’élevage de faune et la chasse. 

L’étude porte sur l’offre et la demande mondiales d’aliments issus d’animaux terrestres, y compris les produits issus de mammifères, d’oiseaux et d’insectes.  

D’après l’étude, l’offre mondiale d’aliments issus d’animaux terrestres a augmenté rapidement entre 1961 et 2022. La viande de volaille a affiché la croissance la plus prononcée puisqu’elle a quasiment quintuplé, suivie par les œufs et la viande de porc, qui ont presque doublé, tandis que la viande bovine est restée stable ou a diminué dans de nombreuses régions. 

En 2022, la production mondiale d’aliments issus d’animaux terrestres s’est établie à:  

361 millions de tonnes de viande, contre environ 71 millions de tonnes en 1961;  

930 millions de tonnes de lait, contre environ 342 millions de tonnes; 

94 millions de tonnes d’œufs, contre environ 15 millions de tonnes. 

 

Les données sur la consommation d’insectes restent limitées, la plupart des informations recueillies provenant d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Les estimations disponibles indiquent qu’environ 1 900 espèces font l’objet d’une consommation alimentaire. 

 

Disparités régionales 

L’Asie est aujourd’hui le plus grand producteur d’aliments issus d’animaux terrestres, suivie par l’Europe. Toutefois, les tendances en matière de production ne sont pas toujours synonymes de disponibilité. 

L’offre par habitant reste la plus élevée en Amérique du Nord, tandis qu’en Asie, la première région de production, la disponibilité par habitant est relativement faible. En Afrique subsaharienne, l’offre par habitant a globalement stagné, les gains étant limités et ne concernant que certains pays, notamment le Kenya (lait) et l’Afrique du Sud (volaille). 

Les pertes et le gaspillage alimentaires exacerbent ces disparités et sont un problème qui prend de l’ampleur au regard de la durabilité. On estime qu’un tiers de tous les aliments produits dans le monde sont perdus ou gaspillés, dont environ 14 pour cent d’aliments issus d’animaux terrestres. Les pertes sont souvent liées à la nature périssable de ces produits, à une infrastructure de la chaîne du froid inadaptée et à une mauvaise maîtrise de la température. Ces problèmes sont particulièrement prononcés dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où la consommation d’aliments d’origine animale reste relativement faible. 

Le commerce international continue de jouer un rôle relativement limité dans l’offre mondiale d’aliments issus d’animaux terrestres, en particulier pour les économies en développement. Bien que les volumes des échanges commerciaux aient augmenté, ils ne représentent encore qu’environ 10 pour cent de la consommation mondiale. 

Le rôle des environnements alimentaires 

Le rapport souligne que les données sur les environnements alimentaires des aliments issus d’animaux terrestres, y compris sur les contextes plus larges dans lesquels les individus font leurs choix alimentaires, restent limitées et inégales selon les régions. Les données disponibles semblent indiquer que la viande et les produits laitiers à haute teneur en matières grasses sont souvent plus accessibles et plus abordables que les produits plus sains. Elles mettent également en lumière des différences dans les textes législatifs et stratégiques nationaux: les pays à revenu élevé ou intermédiaire de la tranche supérieure mettent l’accent sur la sécurité alimentaire, la qualité et la réglementation de la commercialisation, tandis que les pays à revenu faible ou intermédiaire de la tranche inférieure donnent la priorité à l’augmentation de la production, à l’accroissement des disponibilités et à la baisse des prix pour améliorer l’accessibilité et l’autosuffisance. 

Nouvelles difficultés 

«Les nombreuses races et espèces de bétail sur notre planète peuvent prospérer dans un large éventail d’environnements, en particulier dans des zones moins adaptées ou inadaptées à la production végétale, et contribuer à une grande variété de régimes alimentaires sains», ont écrit le Directeur général adjoint de la FAO, M. Godfrey Magwenzi, et l’Économiste en chef de la FAO. M. Máximo Torero, dans l’avant-propos du rapport. «Toutefois, pour optimiser cette contribution à la santé de l’être humain et de la planète, le secteur de l’élevage doit remédier à toutes sortes de difficultés.» 

Ces difficultés comprennent les pressions sur l’environnement, notamment la déforestation, le changement d’affectation des terres, les émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation non durable des terres et de l’eau, la pollution et la concurrence entre l’alimentation humaine et animale, ainsi que les problèmes liés à la gestion des troupeaux, notamment la faible productivité, le surpâturage et le manque de prise en compte du bien-être des animaux.  

À cela, il faut ajouter les questions ayant trait à la santé et au bien-être des animaux, ainsi que les problèmes sociaux plus larges, notamment les inégalités et les risques liés aux interactions entre les êtres humains et le bétail, y compris les zoonoses, les maladies d’origine alimentaire et la résistance aux antimicrobiens.  

Contacts

Nicholas Rigillo FAO Actualités et Médias (Rome) [email protected]

FAO Newsroom (+39) 06 570 53625 [email protected]