Brève description de certaines des normes adoptées par la Commission du Codex Alimentarius à sa 48e session
Depuis plus de soixante ans, la Commission a adopté des centaines de lignes directrices et de codes de bonnes pratiques, ainsi que des milliers de normes, devenant ainsi la pierre angulaire des efforts mondiaux visant à garantir une alimentation saine et nutritive pour tous.
©FAO /Mátyás Temesfői
Rome – Organe des Nations Unies chargé de l’établissement de normes alimentaires internationales, la Commission du Codex Alimentarius se réunit du 10 au 14 novembre 2025 pour adopter des normes de sécurité sanitaire et de qualité des aliments.
Chargée de protéger la santé des consommateurs et d’assurer des pratiques loyales dans le commerce alimentaire, la Commission du Codex Alimentarius est l’organe exécutif du Programme mixte FAO/OMS sur les normes alimentaires, initiative conjointe de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
On trouvera ci-après une brève description de certaines des normes adoptées par la Commission à sa 48e session.
Pour plus d’informations sur la session, veuillez consulter la page web y relative.
Mises à jour de la Norme générale sur les additifs alimentaires (NGAA, CXS 192‑1995)
ADOPTION – 10.11.2025
Plus de 500 dispositions relatives aux additifs alimentaires ont été examinées, une attention particulière ayant été accordée à l’utilisation des colorants dans diverses catégories d’aliments. À l’issue de ces travaux, plusieurs dispositions ont été révoquées, notamment sur l’emploi des extraits de rocou, sur base de bixine (SIN 160b(i)), dans les laits fermentés (nature), tandis que d’autres ont été nouvellement adoptées, notamment sur l’emploi des extraits de rocou, sur base de norbixine (SIN 160b(ii)), dans les fruits en conserve ou en bocal (pasteurisés). Certaines dispositions, notamment sur l’emploi de l’érythrosine (SIN 127) dans les framboises et les fraises en conserve, restent à l’étude. Ces mises à jour témoignent de la volonté constante de veiller à ce que les additifs alimentaires incorporés dans la Norme générale sur les additifs alimentaires (NGAA) soient sûrs et à ce que leur utilisation soit justifiée d’un point de vue technologique, conformément aux principes énoncés dans le préambule de la norme.
Révision du Code d’usages pour la prévention et la réduction de la contamination des arachides par les aflatoxines (CXC 55‑2004)
ADOPTION – 10.11.2025
Les aflatoxines sont les cancérogènes hépatiques les plus puissants connus et présentent en outre une toxicité aiguë et chronique ainsi que des effets génotoxiques et immunosuppresseurs. Le Code d’usages présente les pratiques recommandées pour réduire la présence d’aflatoxines dans les arachides à différentes étapes de la chaîne alimentaire (avant récolte, récolte, transport, entreposage et fabrication).
Dans le cadre de ses travaux, le Comité du Codex sur les contaminants dans les aliments passe en revue ses normes et établit une liste prioritaire de textes qu’il convient de réexaminer. Le Code d’usages a été adopté pour la première fois il y a plus de vingt ans, compte tenu des risques que les aflatoxines présentaient pour la santé humaine. En raison de la disponibilité de nouvelles informations sur la réduction de la présence d’aflatoxines dans les arachides, le Comité a actualisé ce texte afin d’y intégrer notamment les modifications suivantes: un tableau détaillant les stades de la croissance reproductive de l’arachide et indiquant le moment où, celle-ci arrivant à pleine maturité, la récolte est optimale; une partie consacrée aux aliments pour animaux, sachant que certains sous-produits de l’arachide peuvent être destinés à la consommation animale, et une nouvelle section sur les effets de la torréfaction, procédé important qui peut réduire la contamination par les aflatoxines.
Limites maximales pour le plomb dans certaines épices et herbes culinaires
ADOPTION – 10.11.2025
Compte tenu des effets toxiques du plomb dans les aliments, le Comité du Codex sur les contaminants dans les aliments donne la priorité, dans ses travaux, aux limites maximales (LM) pour le plomb. La toxicité du plomb se manifeste notamment par des effets sur le neurodéveloppement, comme la diminution du quotient intellectuel (QI) et de la capacité d’attention chez l’enfant, la déficience de la fonction rénale, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, les problèmes de fertilité et les issues défavorables de la grossesse. Bien que les épices et les herbes culinaires soient consommées en faible quantité par rapport à d’autres aliments, il est important d’évaluer l’innocuité des niveaux de plomb dans ces produits et de prendre en compte l’impact des limites fixées sur le commerce, l’objectif étant de protéger les consommateurs et d’assurer des pratiques loyales dans le commerce alimentaire.
La Commission du Codex Alimentarius a maintenant adopté des LM pour le plomb dans les épices et les herbes culinaires, en particulier dans les écorces séchées (cannelle) et les herbes culinaires séchées. Ces LM, qui sont de 2,5 mg/kg pour le plomb dans les épices et les écorces séchées et de 2,0 mg/kg pour le plomb dans les herbes culinaires séchées, seront intégrées à la Norme générale sur les contaminants présents dans les produits de consommation humaine et animale (CXS 193-1995).
Directives pour le suivi de la pureté et de la stabilité des matériaux de référence de pesticides et des solutions mères apparentées pendant un stockage prolongé
ADOPTION – 10.11.2025
Les résidus de pesticides dans les denrées alimentaires doivent être surveillés par les autorités compétentes afin de veiller au respect des limites maximales de résidus, de protéger la santé des consommateurs et de promouvoir des pratiques loyales dans le commerce alimentaire. Le respect de la règlementation relative aux limites maximales de résidus de pesticides dans les aliments est généralement assuré au moyen de méthodes analytiques de détection.
Les tests d’analyse des résidus de pesticides reposent en partie sur la capacité des laboratoires à accéder à ce que l’on appelle des matériaux de référence. En raison de différentes contraintes, comme la durée de conservation limitée, le coût récurrent élevé des matériaux de référence, et des problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement que les laboratoires peuvent rencontrer, des demandes en faveur de l’établissement de directives détaillées et harmonisées ont été formulées afin d’aider les laboratoires à assurer un suivi de la pureté et de la stabilité des matériaux de référence en vue de leur utilisation éventuelle au‑delà de leur date de péremption et de l’utilisation continue des solutions mères qui conservent leur stabilité et leur pureté.
La Commission du Codex Alimentarius a maintenant adopté des directives qui fournissent un cadre fondé sur des données scientifiques afin d’assurer le suivi de la pureté et de la stabilité des matériaux de référence dans des conditions déterminées et de permettre l’utilisation continue de ces derniers au-delà de leur date de péremption – à condition que leur pureté reste dans les limites acceptables. Cela permet de réduire les coûts, de limiter au minimum les déchets et de garantir la fiabilité des analyses de résidus de pesticides.
Norme sur les dattes fraîches
ADOPTION – 10.11.2025
Adoptée récemment, la nouvelle norme sur les dattes fraîches, qui est l’aboutissement de dix ans de travaux menés par le Comité, a été accueillie favorablement tant par les pays qui produisent des dattes que par ceux qui les commercialisent. Ce texte avait été proposé pour la première fois en 2015 compte tenu du développement du commerce des dattes fraîches et de leur importance pour les moyens de subsistance. L’objectif de cette nouvelle norme est de garantir aux consommateurs la qualité et la sécurité sanitaire des dattes et de faciliter les échanges commerciaux en s’appuyant sur des exigences minimales et des paramètres convenus au niveau international, comme les catégories fondées sur des critères de qualité, ainsi que la taille, la couleur, la forme, l’uniformité, l’emballage et d’autres éléments pertinents pour la qualité.
Norme régionale sur la morelle de Quito (ou narangille) (Amérique latine et Caraïbes)
ADOPTION – 10.11.2025
La morelle de Quito (ou narangille) est un fruit originaire de la région des Andes, en Amérique latine. Elle est caractérisée par sa pulpe verte et ses nombreuses petites graines réparties dans quatre compartiments. Présentant une teneur élevée en certains nutriments essentiels, son commerce se développe de plus en plus au niveau international, mais surtout en Amérique latine. C’est la raison pour laquelle la nouvelle norme sur la morelle de Quito (ou narangille) a été adoptée en tant que norme régionale plutôt qu’internationale.
La norme sur la morelle de Quito définit les caractéristiques de qualité minimale que le fruit doit posséder pour être propre à la consommation humaine. Elle précise également les défauts pouvant être tolérés, les informations à indiquer sur les emballages afin de guider les personnes qui achètent le produit et les dispositions relatives aux contaminants et aux pratiques d’hygiène applicables au commerce de la morelle de Quito.
Giacomo Martella FAO Actualités et Médias (Rome) [email protected]