La dernière analyse de l’IPC pour Gaza met en évidence à la fois l’impact de l’aide humanitaire soutenue et l’ampleur des difficultés qui demeurent
Un agriculteur accroupi entre les rangées de cultures d’un champ. Des rampes d’irrigation courent le long des rangées, tandis qu’un bâtiment endommagé et des débris sont visibles en arrière-plan. Bande de Gaza, juin 2026
©FAO
Communiqué de presse conjoint de la FAO, de l’UNICEF et du PAM
Rome/New York – Une nouvelle analyse publiée aujourd’hui montre des améliorations en matière de sécurité alimentaire et de nutrition infantile dans toute la bande de Gaza. Toutefois, les Nations Unies ont prévenu que ces progrès, portés principalement par un accès élargi à l’aide alimentaire, nutritionnelle, agricole et médicale humanitaire, restaient fragiles. Si l’accès à Gaza s’est amélioré, seul un point de passage – celui de Kerem Shalom/Abu Salem – dans le sud de Gaza demeure ouvert, ce qui limite le flux de biens essentiels au relèvement et laisse la majorité de la population dans une situation de dépendance à l’égard de l’aide humanitaire. La population de Gaza peine toujours à rétablir ses moyens de subsistance ainsi que les systèmes alimentaires locaux et les services essentiels.
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont souligné que les améliorations des indicateurs relatifs à la sécurité alimentaire et à la nutrition témoignaient de la rapidité avec laquelle les conditions pouvaient évoluer lorsque les interventions humanitaires et l’activité commerciale s’intensifiaient. Toutefois, ces organismes préviennent que les familles de Gaza doivent toujours lutter pour satisfaire leurs besoins les plus élémentaires et que les progrès constatés pourraient s’inverser rapidement en l’absence d’une aide humanitaire soutenue, d’une relance du secteur privé, de financements et d’investissements en faveur du relèvement.
La dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) en date met en évidence les populations dont les besoins sont les plus grands et montre une amélioration de la sécurité alimentaire et de la nutrition infantile depuis décembre 2025.
L’aide alimentaire et nutritionnelle s’est fortement accrue depuis que l’accord de cessez-le-feu a été conclu en octobre 2025. Ainsi, au cours du mois de mai 2026:
À titre de comparaison, en septembre 2025, environ 500 000 personnes avaient pu bénéficier d’une aide alimentaire sous une forme ou une autre, et l’aide nutritionnelle couvrait moins de 1 pour cent des enfants de moins de cinq ans. Une amélioration immédiate de la sécurité alimentaire a été observée à la suite de cet accroissement de l’aide et la dernière analyse de l’IPC confirme le maintien de la tendance. Malgré ces avancées, les rations alimentaires demeurent insuffisantes en quantité, en qualité et en diversité alimentaire, un problème qu’aggrave encore le flux irrégulier des importations commerciales de fruits et légumes frais et de protéines.
La baisse globale des taux de malnutrition est principalement due à l’élargissement rapide des programmes de prévention en matière de nutrition, ainsi qu’à l’amélioration de l’accès aux traitements des personnes souffrant de malnutrition grave ou modérée. Ces progrès dépendent toujours fortement du maintien de l’aide humanitaire et s’inscrivent dans un contexte de pénuries persistantes d’aliments nutritifs, de flambées épidémiques récurrentes, d’accès limité à l’eau potable et à l’assainissement et d’effondrement quasi-total des moyens de subsistance. Quelque 74 000 enfants devraient toujours avoir besoin de traitement en raison d’une malnutrition aiguë au cours de l’année à venir, et environ 25 000 femmes enceintes ou allaitantes devraient avoir besoin d’une aide nutritionnelle au cours de la même période.
Si l’on ne constate pas encore de relèvement significatif des moyens de subsistance ni de l’activité économique globale, des signes précoces indiquant une possibilité de rétablissement de la production alimentaire locale sont observés là où les agriculteurs et les éleveurs ont accès aux terres et aux intrants agricoles, aux moyens de production, à une assistance vétérinaire et à d’autres services essentiels tels que l’énergie et l’irrigation. Cela est déjà évident dans le secteur de l’élevage, où les cheptels ovins ont cru de 33 pour cent dans les zones où l’aide a été constante. Les communautés font preuve d’une grande ingéniosité qui leur permet de rétablir une activité économique à petite échelle partout où les conditions le permettent. Toutefois, ces efforts ne peuvent être que limités tant que les restrictions des acheminements à l’intérieur de la bande de Gaza ne sont pas levées. Plus de 70 pour cent des terres agricoles de Gaza sont inaccessibles, et sont donc hors de portée indépendamment des dommages subis et des conditions d’accès aux intrants; seules 3 pour cent des terres sont actuellement utilisables. Un relèvement à grande échelle est impossible tant que ces terres restent inaccessibles et que des restrictions continuent d’entraver les importations commerciales et l’acheminement humanitaire d’intrants agricoles, y compris les restrictions concernant l’importation d’intrants agricoles ne relevant pas de la catégorie des biens à double usage, notamment les semences, les engrais organiques, les œufs fécondés et les petits animaux, qui s’appliquent aux acteurs commerciaux comme aux acteurs humanitaires. L’accès à la mer est lui aussi toujours interdit, ce qui limite la capacité des habitants à produire de la nourriture, à générer des revenus et à reconstruire leur vie.
La FAO, l’UNICEF et le PAM ont souligné qu’une paix, une sûreté et une sécurité pérennes étaient des conditions essentielles au retour des habitants sur les exploitations, dans les entreprises et dans les communautés et au rétablissement de leurs modes de vie. Un flux ininterrompu d’aide humanitaire vitale le long de tous les couloirs passant par la Jordanie, Israël et l’Égypte et via les points de passage du nord et du sud sont également indispensables au relèvement de Gaza. Les organismes appellent également à fournir immédiatement du matériel pour la construction d’abris, du carburant, du gaz de cuisson et des intrants agricoles par l’intermédiaire du secteur privé, ainsi qu’à élargir l’accès commercial pour permettre le relèvement et la stabilisation des marchés. Ils ont souligné que le rétablissement des systèmes d’approvisionnement en eau, d’assainissement et de santé était critique pour permettre le relèvement, et pour éviter que l’apparition de maladies ne compromette les progrès accomplis en matière de nutrition.
Les organismes ont appelé la communauté internationale à accroître les financements souples et prévisibles destinés à soutenir l’aide alimentaire et nutritionnelle, la production agricole, les soins de santé, les services d’approvisionnement en eau et d’assainissement et les programmes de rétablissement des moyens de subsistance. Les financements dont disposent actuellement ces organismes à destination de la Palestine s’amenuisent rapidement, ce qui signifie que si l’on ne parvient à mobiliser des ressources additionnelles, les progrès accomplis au prix d’efforts considérables risquent d’être anéantis, mettant davantage en péril la vie de 2,1 millions de personnes à Gaza.
«La sécurité alimentaire à Gaza ne peut être rétablie que si la production alimentaire locale est relancée et que les agriculteurs, les éleveurs, les pêcheurs et les autres producteurs sont en mesure de reconstruire leurs moyens de subsistance», a déclaré le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu. «Les producteurs doivent avoir accès aux terres agricoles et à la mer, ainsi qu’aux semences, aux outils, aux produits pour l’élevage et à d’autres intrants agricoles, ainsi qu’à un soutien technique. Les restrictions touchant les importations agricoles et les fournitures humanitaires doivent être levées. Sans ces biens essentiels, la situation en matière de production alimentaire et de sécurité demeurera critique.»
«La malnutrition aiguë a reculé, mais nombre d’enfants souffrent toujours de la faim, et certains pourraient ne jamais se remettre du défaut prolongé de nutrition adéquate», a déclaré la Directrice générale de l’UNICEF, Mme Catherine Russell. «Les progrès constatés montrent que lorsque l’accès humanitaire s’améliore et que l’aide parvient à destination, les enfants peuvent être sauvés. Mais ils dépendent d’un programme de supplémentation alimentaire dont tous les enfants ne bénéficient pas, et de financements qui s’épuisent. Faute d’accès et de financements continus, ces avancées pourraient être effacées en l’espace de quelques mois.»
«Des progrès ont été accomplis en ce qui concerne la sécurité alimentaire à Gaza, mais ils sont fragiles et peuvent facilement être réduits à néant», a déclaré le Directeur exécutif par intérim du PAM, M. Carl Skau. «La situation humanitaire globale demeure calamiteuse: les familles manquent d’eau, d’installations d’assainissement et de médicaments. Nous avons besoin d’un accès, de financements et d’une stabilité constants pour que la population de Gaza puisse commencer à se relever.»
IPC Acute Food Insecurity and Malnutrition Analysis in the Gaza Strip (16 April-31 December 2026) (Analyse de l’IPC de la situation en matière d’insécurité alimentaire aiguë et de malnutrition dans la bande de Gaza [16 avril - 31 décembre 2026)
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