Bande de Gaza – La FAO étend l’aide conditionnelle en espèces à un millier d’agriculteurs et appelle à la libéralisation des importations d’intrants agricoles du secteur privé

Bureau régional de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord

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La FAO élargit son programme d’aide financière conditionnelle afin de permettre à un millier d’agriculteurs supplémentaires de relancer leur production.

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31/03/2026

Jérusalem/Le Caire – L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a ajouté aujourd’hui un millier d’agriculteurs à sa liste de bénéficiaires de l’aide conditionnelle en espèces afin de les aider à relancer la production agricole locale dans la bande de Gaza. 

Grâce aux liquidités versées au titre de cette assistance, la FAO estime que les 1 000 agriculteurs concernés pourront produire quelque 5 000 tonnes de légumes et nourrir près de 95 000 personnes pendant un an. C’est toutefois moins de la moitié de ce qu’ils pourraient produire sans les obstructions continuelles qui frappent les importations d’intrants agricoles. 

La FAO estime que, si on permettait l’entrée sans aucune restriction d’intrants et de matériel agricoles (à usage double ou non), le même nombre d’agriculteurs pourrait produire environ 12 800 tonnes de légumes frais et ainsi nourrir pendant un an 165 000 personnes, soit environ 8 pour cent de la population. 

«Compte tenu du prix actuellement extrêmement élevé des intrants locaux, la FAO préconise que les importations d’intrants agricoles par le secteur privé soient totalement libéralisées, à commencer par les articles qui ne sont pas à double usage. Il faut que les licences d’importation soient octroyées directement à des importateurs et distributeurs locaux qui soient spécialisés dans les intrants agricoles, qui aient été enregistrés avant le début du conflit et qui soient encore en activité. Pour la remise en service et la reconstruction des exploitations agricoles et autres installations de production, il faudra libéraliser le commerce du matériel à double usage employé par les agriculteurs, les pêcheurs, les éleveurs et les travailleurs du secteur agroalimentaire», explique Ciro Fiorillo, Chef du Bureau de la FAO en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. 

Selon une évaluation réalisée en octobre 2025 par la FAO et le Centre satellitaire des Nations Unies (UNOSAT), 37 pour cent des terres cultivées dans la bande de Gaza étaient physiquement accessibles pour être remises en état et cultivées. Ce chiffre comprend environ 6 000 dounoums (600 ha) de terres intactes, qui peuvent être utilisées pour relancer la production alimentaire et les moyens de subsistance agricoles par les agriculteurs disposant des ressources nécessaires. 

Toutefois, les intrants agricoles, nécessaires pour faire repartir la production, restent insuffisants. Lorsqu’il est permis de faire entrer des intrants, c’est souvent de manière isolée. Et c’est insuffisant pour relancer la production à son niveau normal, car il faut que des intrants divers et en plus grand volume soient disponibles à temps pour que chaque semence puisse germer et se développer afin d’avoir une récolte. 

Étant donné que l’importation d’intrants agricoles est de fait entravée, la FAO fournit une aide financière conditionnelle pour permettre aux agriculteurs d’obtenir des récoltes, même modestes, sur au moins un dounoum chacun. Un projet pilote récemment achevé, financé par le Fonds humanitaire pour le territoire palestinien occupé (OPT HF), a fourni une aide financière à 200 agriculteurs à Khan Younès et Deir al-Balah. En seulement six mois, les agriculteurs ont réussi à cultiver pas moins de 533 tonnes de légumes frais. L’extension de l’aide à 1 000 autres agriculteurs améliorera la sécurité alimentaire, la nutrition, l’emploi et les revenus et contribuera à éviter un retour à des conditions de famine dans la bande de Gaza. L’élargissement du programme d’aide est financé par la Belgique, par le Ministère français de l’Europe et des affaires étrangères et par d’autres partenaires fournisseurs de ressources, par l’intermédiaire du Fonds spécial de la FAO pour les activités d’urgence et de renforcement de la résilience (SFERA). 

«Notre initiative d’aide financière conditionnelle prouve que les agriculteurs peuvent cultiver dès lors qu’ils ont accès aux bons intrants agricoles. Moyennant un accès total et sans restriction aux intrants importés du secteur privé, les agriculteurs, les éleveurs et les pêcheurs peuvent conduire le secteur agroalimentaire à jouer un rôle clé dans le relèvement et le renforcement de la résilience dans la bande de Gaza», a déclaré Ciro Fiorillo.