Bureau régional de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord
Des agriculteurs participent à un programme d'aide en espèces, bande de Gaza, 2026.
©FAO
Jérusalem/Le Caire – L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a intensifié sont programme d’assistance en espèces soumise à conditions afin d’aider 1 500 petits exploitants de la bande de Gaza à cultiver au moins 1 dounoum (0,1 hectare) de terre chacun. La FAO prévoit que, grâce à ce soutien, ces agriculteurs produiront suffisamment de légumes frais pour permettre à environ 100 000 personnes d’atteindre l’apport annuel en légumes recommandé par la FAO et l’Organisation mondiale de la Santé.
Cette initiative est financée par la Belgique, l’Union européenne, le Ministère français de l’Europe et des affaires étrangères et d’autres partenaires fournisseurs de ressources de la FAO.
L’assistance en espèces est soumise à la condition que les agriculteurs s’en servent pour cultiver leur terre.
«Les agriculteurs de la bande de Gaza sont déterminés à relancer la production alimentaire locale sur chaque parcelle et chaque dounoum cultivable, alors même qu’ils doivent se contenter de surfaces qui rétrécissent rapidement. Les résultats du projet pilote que la FAO a mené récemment dans la bande de Gaza sont nets: l’assistance en espèces soumise à conditions permet aux agriculteurs de se procurer des intrants rares et coûteux et de commencer les semis immédiatement, en attendant le rétablissement des importations commerciales d’intrants agricoles essentiels», a déclaré M. Ciro Fiorillo, Chef du Bureau de la FAO en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
L’assistance en espèces soumise à conditions fournie par la FAO pour la saison des semis de 2026 fait fond sur l’initiative pilote menée en 2025, qui a permis d’aider 200 ménages à produire des légumes frais. On estime que les agriculteurs ayant bénéficié d’une aide de la FAO ont cultivé au moins 720 dounoums et produit 1 094 tonnes de légumes frais – aubergine, piment, tomate, courgettes et corète potagère, notamment. Cette production a permis à plus de 13 000 personnes d’atteindre l’apport annuel en légumes recommandé. L’initiative pilote était financée par le Fonds humanitaire pour le territoire palestinien occupé.
Malgré les résultats impressionnants affichés par les agriculteurs ayant reçu une assistance en espèces soumise à conditions de la part de la FAO, le relèvement du secteur agroalimentaire de la bande de Gaza continue d’être freiné par l’insuffisance des terres agricoles disponibles et par le caractère peu abordable et la faible disponibilité au niveau local des intrants nécessaires à la production agricole.
«Les autorisations ponctuelles concernant l’acheminement à l’intérieur de Gaza d’intrants nécessaires à la production par les acteurs du secteur privé et du secteur humanitaire ne suffisent pas. Les agriculteurs, les éleveurs et les pêcheurs doivent pouvoir accéder aux terres, à la mer et à divers intrants, tels que les semences, les engrais, le matériel d’irrigation, les aliments pour animaux, les fournitures vétérinaires, les œufs fécondés pour relancer les exploitations avicoles commerciales, ainsi que les bateaux et le matériel de pêche», a fait valoir M. Fiorillo.
«Le secteur commercial est le mieux placé pour fournir aux agriculteurs les intrants voulus en temps opportun, aussi faut-il permettre l’entrée sans restriction aucune d’articles destinés à la production agricole. Pour commencer, il convient de libéraliser au moins les importations d’articles qui ne sont pas à double usage par les importateurs locaux spécialisés dans la production alimentaire qui entretiennent des relations commerciales avec des fournisseurs locaux, qui étaient enregistrés avant le conflit et qui sont toujours en activité», a déclaré M. Fiorillo.
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