Ce projet soutenu par la FAO permettra de renforcer la résilience face au changement climatique, des forêts aux écosystèmes côtiers, car elle s’appuie sur une approche qui couvre tout le territoire, des crêtes aux récifs
Renforcer l’adaptation au changement climatique et la résilience face à celui-ci dans les territoires et chez les populations des Fidji
©FAO /Rudolf Hahn
Rome/Douchanbé (Tadjikistan) – Le Fonds vert pour le climat (FVC) a approuvé un financement total de 52,5 millions d’USD pour un projet transversal qui sera mis en œuvre par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en collaboration avec le Gouvernement des Fidji et ses partenaires, afin de renforcer l’adaptation au changement climatique et la résilience face à celui-ci dans les territoires et chez les populations des Fidji, tout en favorisant des axes de développement à faibles émissions de carbone.
Le financement se compose d’une subvention du FVC de 29,3 millions d’USD et d’un cofinancement de 23,2 millions d’USD. Ce projet contribuera à la restauration des paysages dégradés, à la protection des écosystèmes côtiers et à l’amélioration de la gestion des forêts et des terres agricoles. Parmi ses principaux partenaires, on compte notamment Fiji Hardwood Corporation Limited, Fiji Pine Limited, Fiji Development Bank, ainsi que les populations locales.
Le projet «Restaurer les paysages forestiers pour des gains sur le plan du climat et de la résilience face au changement climatique» (en anglais, Forest Landscape Restoration for Climate Benefits and Resilience [Fiji FLR]), d’une durée de sept ans, touchera 196 877 bénéficiaires (dont la moitié de femmes) auxquels s’ajouteront 149 715 personnes supplémentaires qui en tireront des avantages indirects. Ce projet permettra de réduire la vulnérabilité climatique des populations rurales dont les moyens de subsistance dépendent de l’agriculture, de l’élevage, des forêts ou de la pêche.
Le projet Fiji FLR a été approuvé lors de la 45e réunion du conseil d’administration du FVC à Douchanbé (Tadjikistan).
«Cet investissement historique du FVC aidera les Fidji à établir un système agroalimentaire plus efficace, inclusif, résilient et durable, à préserver la sécurité alimentaire et à garantir un avenir meilleur à leur population. Ce financement marque un tournant dans l’action climatique dans les petits États insulaires en développement (PEID) et répond directement aux besoins urgents des populations rurales vulnérables, à savoir améliorer leurs moyens de subsistance», a déclaré M. Qu Dongyu, Directeur général de la FAO.
Michael Sivendra, Secrétaire permanent chargé de l’environnement et du changement climatique au Gouvernement de la République des Fidji, a déclaré: «Les Fidji se félicitent de ce partenariat avec le Fonds vert pour le climat et la FAO, qui soutiendra les efforts de notre pays visant à restaurer les paysages forestiers, à renforcer la résilience des populations et à souligner le besoin urgent d’un financement climatique accru et accessible, à la hauteur des réalités auxquelles nous sommes confrontés.»
Une approche intégrée du financement de l’action climatique et de la résilience face au changement climatique
Les Fidji sont un pays insulaire composé de plus de 300 îles situées dans l’océan Pacifique Sud, où les forêts, les terres agricoles, les cours d’eau et les écosystèmes côtiers forment un système interconnecté allant des crêtes aux récifs. Les forêts tropicales couvrent 60 pour cent du territoire et servent d’habitat essentiel à une biodiversité exceptionnelle; de plus, elles empêchent l’érosion des sols et protègent les écosystèmes côtiers indispensables, tels que les récifs coralliens, les prairies sous-marines et les mangroves, contre les ruissellements néfastes.
Or, la dégradation de l’environnement et le changement climatique font peser une menace croissante sur les moyens de subsistance et les ressources des populations.
L’utilisation non durable des terres, l’exploitation forestière et le déboisement des mangroves entraînent l’érosion des sols, la dégradation des forêts, ainsi que des inondations. Ajoutons à cela que des cyclones plus violents, des précipitations plus abondantes, l’élévation du niveau de la mer, des périodes de sécheresse plus longues et des feux de forêt plus fréquents accentuent ces pressions.
Pour relever ces défis interdépendants, la FAO, en collaboration avec le Gouvernement des Fidji et ses partenaires, mettra en œuvre une approche sur tout le territoire, allant «des crêtes aux récifs», qui associe la restauration forestière en amont à la protection des écosystèmes côtiers en aval. Cette approche protégera la biodiversité, réduira la dégradation de l’environnement et renforcera les systèmes naturels qui sont le fondement des moyens de subsistance, de la production alimentaire et du développement économique.
Plus de 80 000 hectares de forêts et de terres agricoles devraient être restaurés et placés sous un régime de gestion améliorée, et plus de 90 000 hectares d’écosystèmes côtiers seront protégés. Ces mesures contribueront à l’atténuation du changement climatique car elles retireront 6 millions de tonnes d’équivalent CO₂ de l’atmosphère.
Les activités de restauration menées par les populations locales comprennent la plantation de forêts mixtes sur plus de 5 700 hectares, la restauration de 5 000 hectares de berges et de cours d’eau, ainsi que le soutien à la régénération naturelle de 5 000 hectares de forêt dégradée. En outre, 12 000 hectares de forêt seront protégés grâce à des accords conclus avec les propriétaires fonciers coutumiers.
Afin de renforcer la sécurité alimentaire, les systèmes agroforestiers intégreront des arbres fruitiers et à fruits à coque. Ces systèmes amélioreront la santé des sols, renforceront la rétention de l’humidité, diversifieront la production et contribueront au maintien des rendements pendant les périodes de sécheresse, tout en créant de nouvelles sources de revenus pour les ménages.
Le projet garantira des bénéfices à long terme en aidant les populations et les entreprises à respecter les normes de certification et à accéder à des marchés à plus forte valeur ajoutée pour le bois et les produits forestiers non ligneux. Des institutions financières nationales, notamment la Banque de développement des Fidji (une entité à accès direct du FVC), s’associeront également au projet afin de renforcer le financement durable des investissements dans les forêts et l’agroforesterie, dans l’optique de favoriser des pratiques durables d’utilisation des terres.
Globalement, le projet Fiji FLR soutient les stratégies nationales des Fidji en matière de climat en augmentant les éliminations de CO2, en renforçant l’adaptation et en réduisant les risques climatiques dans les zones vulnérables. De plus, il s’inscrit dans la logique du Fonds vert pour le climat d’accorder la priorité à la résilience et à l’appropriation par les pays.
Au-delà des Fidji, ce projet constitue un modèle reproductible pour d’autres petits États insulaires en développement, car il allie réforme stratégique, planification au niveau local et financement durable, ce qui peut être adapté pour faire face aux défis communs que sont le changement climatique, la perte de biodiversité et les risques climatiques.
Le projet Fiji FLR relève du portefeuille des projets de la FAO financés par le FVC, qui représente 2 milliards d’USD et bénéficie à plus de 60 millions de personnes réparties dans 99 pays.
Theint Khin FAO Actualités et médias [email protected]
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